Face à un risque accru, la discipline s’impose

Par Nicolas Ritoux | 16 December 2025 | Last updated on 15 December 2025
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Seules la diversification et la gestion active permettront d’affronter la nouvelle année sereinement, croit David Wong, directeur général de l’équipe de recherche en gestion de placements chez Gestion d’actifs CIBC.   

L’année 2025 nous aura laissé trois grandes leçons, selon lui. 

La première est que les manchettes négatives ne se traduisent pas forcément par de piètres performances sur les marchés : c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. 

« L’économie canadienne a suscité beaucoup d’inquiétude en début d’année, avec la menace des tarifs américains et les problèmes de productivité qui perdurent. Mais le marché d’actions canadien affiche près de 30 % de gains après 11 mois, soit sa plus forte performance depuis 2009, il y a 16 ans de cela. On a aussi vu de très belles performances en Europe, en Asie, et dans les marchés émergents », note David Wong.

La seconde est que les États-Unis ne sont pas toujours les chefs de file sur les marchés d’actions mondiaux. Si les géants de la techno ont surperformé, le reste du marché américain était à la traîne, avec des ratios cours-bénéfice en deçà de ceux des marchés européens et asiatiques. 

La troisième leçon a rappelé l’importance de rester discipliné en matière de diversification de portefeuille, même quand les manchettes sont négatives. « La diversification au niveau régional s’est avérée payante, même s’il était très tentant de mettre tous ses œufs dans le même panier pour profiter d’un momentum », souligne David Wong. 

Pour l’année à venir, les manchettes s’annoncent de nouveau pessimistes, qu’il s’agisse des tarifs brandis par l’administration Trump en prélude des négociations sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ou des conflits qui se prolongent en Ukraine et au Moyen-Orient. Dans ce contexte, il est difficile de trouver de bonnes occasions.  

L’enthousiasme persiste autour de l’intelligence artificielle (IA), mais il est déjà largement exprimé dans les cours actuels des géants de la techno, et il est encore tôt pour savoir quels secteurs verront leur productivité croître en conséquence. Reste à identifier ceux qui ont sous-performé de manière possiblement injustifiée.  

Au Canada, la performance du marché d’actions a été portée en grande partie par les matières premières, notamment l’or, ainsi que par les services financiers et la consommation discrétionnaire. Mais une bonne moitié de la capitalisation de l’indice TSX a sous-performé en 2025, notamment les secteurs des industries, de l’immobilier les soins de santé, où les titres s’échangent actuellement à rabais.

Aux États-Unis, la performance des dix plus grandes sociétés du S&P 500 éclipse celle du reste de l’indice, avec un contraste jamais vu depuis la bulle de l’an 2000. C’est peut-être le bon moment de diversifier son portefeuille, d’autant plus que les gains promis par l’IA sont de moins en moins évidents. 

Du côté des obligations, les rendements sont désormais assez intéressants pour compléter ceux des actions, à un risque moindre, rappelle l’expert. 

Parlant de risques, l’année à venir n’en manque pas, qu’il s’agisse de l’incertitude liée aux taux d’intérêt des banques centrales face aux chiffres de l’inflation, ou du spectre de la récession face aux tarifs douaniers américains.  

« Les données économiques semblent positives dans l’ensemble, mais provoquent encore certaines interrogations. Par exemple, les dépenses de consommation sont en grande partie endossées par les personnes à plus hauts revenus, tandis que les plus démunis ont la vie dure. Le marché de l’emploi favorise les candidats expérimentés de manière disproportionnée. On a donc une partie de la population qui traverse une situation difficile avec des prix élevés et des possibilités limitées », prévient David Wong.

Les prospects devraient-ils s’inquiéter de la concurrence de l’IA ? 

« Son adoption a été très rapide et on risque de traverser une période d’ajustement. La transition a été plus lente lors des bouleversements technologiques précédents : l’Internet a mis sept ans à rejoindre 100 millions d’utilisateurs tandis qu’il n’a fallu que deux mois à ChatGPT. Il est encore difficile de dire comment cela va se traduire dans les profits des sociétés », résume David Wong. 

« La meilleure stratégie reste encore d’ignorer le bruit à court terme, de se concentrer sur son horizon d’investissement, et de se diversifier le plus possible entre régions, secteurs, et catégories d’actifs. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.