Il n’y a pas que l’IA qui performe

Par Nicolas Ritoux | 24 February 2026 | Last updated on 23 February 2026
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Empilements de pièces dorées symbolisant la croissance financière et l’investissement, sur fond de graphiques boursiers et de données numériques. Illustration moderne de la performance économique, de l’analyse financière et de la technologie appliquée à la finance.
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La croissance des marchés d’actions se joue aussi hors du thème de l’intelligence artificielle (IA), croit Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

« Nous sommes optimistes pour les actifs à risque en 2026. Les données économiques sont encourageantes, notamment du côté des dépenses en capital et des commandes d’équipements non liées à la défense. On commence à voir les effets positifs des baisses de taux et des politiques de relance, tant au Canada qu’aux États-Unis. Les grandes dépenses des géants de l’IA devraient se poursuivre cette année à mesure que son usage progresse, mais on voit aussi émerger d’autres foyers de croissance, comme le secteur industriel et les biens de consommation discrétionnaire », observe Natalie Taylor. 

Elle reconnaît les ravages causés par l’IA sur certains secteurs dans les derniers mois, alors qu’elle menaçait de les « désintermédier » ou autrement dit de rendre bon nombre d’entreprises obsolètes. La peur s’est surtout fait ressentir du côté des éditeurs de logiciels, dont les titres ont chuté de 20 % à 50 %, mais aussi dans l’ingénierie, la construction, le courtage immobilier, le courtage d’assurance, la gestion de patrimoine — partout où les modèles d’affaires reposent sur les services professionnels. Elle croit que ces craintes étaient excessives et que « de belles occasions se présenteront lorsque la poussière va retomber… Même s’il est encore trop tôt pour les identifier ».  

Pour le moment, elle s’attarde sur les secteurs qui ont pris du retard sur le reste du marché et qui présentent un fort potentiel de rattrapage. 

C’est notamment le cas de l’immobilier, très dynamique pendant la pandémie, avant d’être fragilisé par la remontée des taux hypothécaires. Le marché souffrait de longue date d’un faible rythme de construction qui a mené à une crise d’accessibilité du logement, tant au Canada qu’aux États-Unis. À présent que les taux ont baissé de nouveau, Natalie Taylor estime que le secteur commence à entrevoir une amélioration.

« Plusieurs secteurs sont appelés à profiter de la reprise de l’immobilier, comme les matériaux de construction, les constructeurs, certains détaillants, les transports et les banques », continue l’experte. 

Le secteur industriel est aussi à surveiller selon elle. Elle y inclut le transport de marchandises, qui après une récession de trois ans montre des signes de vigueur, et l’industrie chimique où la demande s’améliore. Elle mentionne aussi le secteur de la défense qui fait l’objet de dépenses historiques, avec des retombées potentielles sur l’aviation, l’aérospatiale, l’ingénierie et la construction. 

« Malgré les risques de désintermédiation liés à l’intelligence artificielle, certains segments de l’économie demeurent relativement épargnés, puisqu’ils répondent à des moteurs de croissance qui leur sont propres », affirme Natalie Taylor.

Elle évoque également l’engouement récent pour les métaux précieux, qu’elle attribue au contexte géopolitique incertain, aux craintes de dévaluation du dollar américain et à la nomination inattendue de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis. Selon elle, celui-ci est perçu comme plus agressif que les autres candidats pressentis pour le poste.

« Nous conservons plusieurs producteurs aurifères dans nos portefeuilles, principalement à des fins de diversification, de protection à la baisse et de gestion du risque, mais nous n’en cherchons pas d’autres, car leurs rendements sont de plus en plus corrélés au reste du marché. Le cuivre aussi a bien performé, sous l’effet d’une demande bien réelle, mais aussi de problèmes d’offre qui devraient rapidement se résorber avec la réouverture de plusieurs mines », commente Natalie Taylor.

Elle ne peut passer sous silence le secteur canadien de l’énergie, qui a connu trois trimestres de surperformance par rapport aux prix du pétrole. Elle ne croit pas que cette tendance soit soutenable, car historiquement, la corrélation entre actions et barils finit toujours par se rétablir. 

« Au bout du compte, nous restons concentrés sur la gestion du risque et la protection à la baisse, car nous sommes encore dans un environnement dynamique où tout peut arriver », conclut-elle.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.