Le crédit alternatif, entre protection et performance

Par Nicolas Ritoux | 3 March 2026 | Last updated on 2 March 2026
3 min read
Lone justice échelle sur fond bleu simple
DNY59 / iStock

Les solutions de crédit alternatif offrent le parfait complément aux obligations au sein d’un portefeuille à revenu fixe, insiste Gino Di Censo, vice-président, revenu fixe mondial, Gestion d’actifs CIBC. 

« La volatilité des obligations de sociétés réside davantage dans le risque de changement de taux que dans leur écart de rendement. Or il est possible de couvrir le premier afin d’isoler le second », affirme Gino Di Censo. 

« Les changements de taux proviennent d’un ensemble de facteurs dont la réflexion des banques centrales, la pression politique ou la géopolitique, et c’est pourquoi il est bien difficile de les prédire. Raison de plus pour isoler ce risque », continue l’expert. 

« Lorsque le marché présente des écarts de rendement importants et une valorisation de crédit attractive, nous accroissons notre exposition à des titres plus sensibles à l’économie, parfois avec un effet de levier. Mais dans un marché dispendieux comme celui d’aujourd’hui, avec des écarts plus serrés que jamais, nous réduisons l’effet de levier et optons pour des émetteurs moins sensibles aux aléas de l’économie », explique Gino Di Censo. 

Son équipe propose un fonds de crédit alternatif au profil de rendement moins volatile que les fonds d’actions ou d’obligations canadiennes. Ses rendements cumulés se situent entre les deux, dans un compromis idéal entre risque et rendement.  

« Le crédit alternatif vient compléter les grandes catégories d’obligations, qu’elles soient gouvernementales ou de catégorie investissement, en contribuant à réduire la volatilité et à améliorer le rendement global au sein des portefeuilles de revenu fixe », résume l’expert.

« Une stratégie de crédit alternatif ne permet pas d’éviter totalement les phases de baisse, mais peut offrir un potentiel de rebond plus important lors des reprises de marché », précise-t-il.

Étant donnés les prix élevés actuellement sur le marché du crédit, avec des écarts de rendement très serrés, il recommande de se concentrer sur des émetteurs de catégorie investissement de haute qualité, comme des pipelines ou des banques, plutôt que des secteurs de nature plus cyclique. 

« Malgré des prix souvent élevés, ces émetteurs peuvent offrir à la fois une valeur intéressante et une protection stratégique en cas d’élargissement des écarts de rendement. Si un tel scénario se produisait, nous disposons de suffisamment de liquidités pour accroître nos positions dans des titres plus cycliques ou augmenter notre effet de levier de manière tactique », assure-t-il.

« Notre stratégie de crédit alternatif nous laisse le champ libre pour nous concentrer sur les fondamentaux du crédit de chaque émetteur, comme la santé des états financiers, la dynamique propre au secteur ou d’autres enjeux spécifiques, sans avoir à nous soucier du risque de taux d’intérêt et de son impact sur les échéances. Nous pouvons exercer notre spécialité, qui est d’identifier les meilleurs émetteurs, sans craindre les effets de phénomènes économiques externes », conclut-il.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.