Le revenu fixe n’a pas dit son dernier mot

Par Nicolas Ritoux | 3 February 2026 | Last updated on 2 February 2026
3 min read
À côté d’une horloge se trouve une pile de pièces de monnaie, symbolisant l’expression « le temps, c’est de l’argent ».
Naige Schulte / iStock

S’il est vrai que les chiffres de l’emploi et l’incertitude monétaire pèsent sur les obligations, elles offrent encore de belles possibilités, croit Gino Di Censo, vice-président, revenu fixe mondial, Gestion d’actifs CIBC.

Malgré les menaces de tarifs et autres risques politiques, l’année qui vient de s’écouler a plutôt été positive pour les rendements obligataires. Mais 2026 pourrait comporter son lot de défis, prévient l’expert. 

Il y a d’abord le risque d’un ralentissement plus prononcé que prévu sur le marché de l’emploi, tant au Canada qu’aux États-Unis, où les chiffres sont de mauvais augure. En outre, l’inflation persiste tant au niveau des services que des salaires.  

« L’immigration peut aider à réduire les faiblesses du marché de l’emploi, mais elle peut aussi avoir un effet négatif sur les dépenses de consommation et sur l’inflation des salaires », tempère-t-il. 

Ensuite, l’orientation de la politique monétaire américaine dépendra de l’ampleur de l’intervention du président Trump, avec des répercussions possibles sur la crédibilité de la Réserve fédérale (Fed) et sur les rendements.

Enfin, les fortes dépenses en capital liées à l’intelligence artificielle pourraient commencer à ralentir, affectant plusieurs secteurs qui en dépendent.  

Dans ce contexte, Gino Di Censo recommande une posture de résilience et de souplesse.

« La courbe des rendements est plutôt abrupte, ce qui signifie que l’on est mieux récompensé sur des échéances longues. En même temps, nous ne voulons pas nous exposer trop loin dans l’avenir. Nous optons donc pour des positions défensives dans la dette des sociétés, avec des émetteurs de haute qualité qui présentent de solides fondamentaux. Et nous restons diversifiés entre régions, secteurs et catégories d’actifs pour réduire le risque tout en saisissant les opportunités lorsqu’elles se présentent », résume Gino Di Censo.

« Nous assistons actuellement à une reprise économique en forme de K, surtout aux États-Unis, mais aussi au Canada. Cela veut dire que les foyers à hauts revenus se montrent résilients ou s’enrichissent pendant que les foyers à faibles revenus subissent une pression accrue. Les secteurs les plus exposés aux consommateurs sont donc vulnérables au risque de crédit. Le marché se porte bien dans l’ensemble, mais la divergence entre les foyers plus et moins nantis nous force à investir de façon sélective selon les types de crédit », explique Gino Di Censo.

Si les obligations de sociétés de catégorie investissement n’offrent actuellement qu’un faible rendement excédentaire, il continue d’y voir de belles possibilités pour l’avenir.

« Comparés aux dividendes des actions, les rendements obligataires se situent nettement au-dessus de leurs moyennes historiques. Ils offrent ainsi un bon coussin en cas de fort ralentissement économique, lorsque les écarts de crédit tendent à se creuser, et devraient aussi bénéficier d’éventuelles baisses de taux de la Fed », décrit Gino Di Censo.

« Les obligations de sociétés peuvent paraître dispendieuses à l’heure actuelle, mais nous continuons de déployer du capital auprès des émetteurs de haute qualité dans des secteurs non cycliques. Nous optons en outre pour des échéances légèrement plus longues que l’indice de référence pour nous protéger contre tout creusement des écarts de rendement. Il y a encore de la valeur à trouver dans ce marché, à condition de se montrer prudent. »

 Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.