Le spectre de la récession recule

Par Nicolas Ritoux | 11 November 2025 | Last updated on 10 November 2025
3 min read
Un négociateur en bourse stressé ne peut appréhender un effondrement soudain du marché boursier. Concept de crise financière avec un courtier en bourse.
gorodenkoff / iStock

Les risques d’une récession devraient s’amoindrir dans les 12 prochains mois à moins d’un ralentissement du marché de l’emploi ou d’une reprise de l’inflation, croit Éric Morin, directeur, macroéconomie mondiale et stratégie, Gestion d’actifs CIBC.

« Cela fait plus de six mois que nous estimons la probabilité d’une récession à environ 35 %, mais nous allons sans doute la rabaisser au cours des prochains trimestres, à mesure que les politiques monétaires des banques centrales s’assouplissent, que l’effet des tarifs américains s’estompe, et que la demande en technologie demeure élevée partout dans le monde », résume Éric Morin. 

Seuls deux risques pourraient faire dérailler ces prévisions. D’abord, un ralentissement marqué du marché de l’emploi américain, causé par les restrictions à l’immigration, le vieillissement de la population, et la substitution de la main-d’œuvre humaine par l’intelligence artificielle dans les entreprises. Ensuite, une reprise de l’inflation dans la deuxième moitié de 2026, notamment au niveau des salaires. Dans un tel scénario, la Réserve fédérale américaine (Fed) serait forcée de mettre fin à sa politique de baisse des taux, voire serait obligée de les relever de nouveau.

 Dans ce contexte, l’expert recommande une « surpondération tactique en actions ». 

« Historiquement, les actions ont surperformé pendant les cycles de baisses de taux de la Fed, lorsque ceux-ci se produisent en dehors des périodes de récession, et ce au-delà des États-Unis. Or on s’attend à ce que la Fed les encore ses taux de 125 points de base dans les 12 prochains mois. Les banques centrales à l’échelle mondiale auront alors les coudées franches pour se montrer plus accommodantes. En outre, les sociétés américaines continuent de procéder à des rachats d’actions massifs », note Éric Morin. 

« La technologie demeure un secteur porteur qui entraîne l’ensemble de l’économie à la hausse, tant aux États-Unis que dans plusieurs pays d’Asie. Nous pourrions être amenés à accroître notre exposition si les investissements s’accentuent au niveau mondial, notamment dans les centres de données et les réseaux électriques qui les alimentent. On observe aussi une reprise des investissements dans les matières premières, alors que de nombreux pays cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, et cela profitera notamment au marché canadien », continue l’expert. 

L’expert se dit optimiste envers les actions canadiennes, car ces dernières :

  • s’échangent à des prix raisonnables,
  • versent de bons dividendes,
  • présentent d’excellentes perspectives de profits,
  • et permettent une meilleure diversification que le marché américain qui est dominé par la technologie.

« L’économie canadienne devrait connaître une croissance soutenue avec le soutien des gouvernements et de la Banque du Canada. On peut s’attendre à une entente avec les États-Unis qui, même si elle n’est pas parfaite, devrait réduire l’incertitude. Et les projets du fédéral en matière de développement d’infrastructures et de ressources naturelles devraient générer des retombées positives sur plusieurs secteurs. »

 Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.