L’IA convertit les coûts en profits

Par Nicolas Ritoux | 18 November 2025 | Last updated on 17 November 2025
3 min read
Deux billets de 100 $ canadiens sur un clavier d’ordinateur, se désintégrant en une pluie de pixels numériques.
asbe / iStock+

Les profits des sociétés canadiennes vont bénéficier de l’intelligence artificielle (IA), des baisses de taux, et des fusions-acquisitions, affirme Catharine Sterritt, gestionnaire de portefeuille principale, actions canadiennes, Gestion d’actifs CIBC.

« Malgré l’incertitude qui persiste sur le plan macroéconomique, les actions canadiennes devraient profiter des baisses de coûts réalisées dans de nombreux secteurs, notamment grâce à l’intelligence artificielle. Les applications ne consistent pas seulement à gérer les courriels et les appels des clients, mais aussi à optimiser leurs systèmes et accélérer leurs procédés. Il s’agit là d’économies durables », insiste Catharine Sterritt.

« Au-delà du rôle de l’IA, les comportements des dirigeants de sociétés ont évolué depuis la pandémie. Celle-ci leur a prouvé qu’ils pouvaient exécuter et mettre en œuvre des technologies bien plus rapidement qu’ils ne l’imaginaient. Ils privilégient désormais faciles à déployer, qui peuvent être appliquées rapidement sans multiplier les essais », poursuit l’experte.

Elle croit que les tarifs américains ont aussi forcé les sociétés canadiennes à revoir leurs chaînes d’approvisionnement et à baisser leurs coûts en conséquence. Et même si ces tarifs n’ont pas eu trop d’effets négatifs, les ajustements réalisés devraient être bénéfiques à long terme, notamment en améliorant les marges de profit.

UNE TENDANCE BÉNÉFIQUE

« La vague actuelle de fusions-acquisitions constitue un autre signal positif : elle traduit le retour de la confiance des dirigeants dans leurs performances opérationnelles. Nul ne se lance dans de tels projets sans avoir une bonne visibilité sur ses profits et de solides états financiers. Et nous n’en sommes qu’au début. Pour l’instant, les fusions sont surtout motivées par des synergies, mais elles seront bientôt alimentées par les fonds de capital privé. Les fusions tendent à entraîner d’autres fusions ! », explique Catharine Sterritt. 

Les secteurs les plus susceptibles d’améliorer leurs marges de profit et de voir leurs actions grimper sont ceux qui sauront le mieux profiter des avantages de l’IA, croit-elle.

Elle pense en particulier aux banques canadiennes, où de nombreuses tâches se prêtent admirablement à l’automatisation, et aux centres de données, qui sont appelés à consommer davantage d’énergie, notamment nucléaire. 

Le partenariat de 80 milliards de dollars américains conclu noué le mois dernier entre le gouvernement américain et Westinghouse, propriété commune des sociétés canadiennes Brookfield et Cameco, pour accroître la production nucléaire au sud de la frontière, en est un excellent exemple.

« Ce partenariat va sans doute avoir un effet de catalyseur sur les firmes d’ingénierie canadiennes qui connaissent bien le nucléaire grâce à l’expérience de l’Ontario en la matière », prédit Catharine Sterritt.

Elle s’attarde également au cas des titres aurifères, qui profitent d’une tendance haussière profonde au niveau mondial, sous l’effet notamment des achats massifs d’or par les banques centrales. Ils ont connu une correction, mais leurs flux de liquidités vont leur permettre de procéder à des rachats d’actions.

Seul nuage à l’horizon, selon l’experte : le nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), dont le cas est loin d’être réglé.  

« Les États-Unis tentent de redéfinir leur relation avec leurs principaux partenaires commerciaux, et cet accord est donc crucial pour l’économie et le marché de l’emploi au Canada. Nous gardons un œil sur les négociations qui devraient s’achever à la mi-2026. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.