Pourquoi les métaux devraient surperformer le pétrole

Par Nicolas Ritoux | 6 January 2026 | Last updated on 5 January 2026
3 min read
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Oselote / iStock

Les métaux devraient dominer le secteur des matières premières cette année, devant le pétrole, croit Daniel Greenspan, analyste principal et gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

« Le prix du cuivre a enchaîné les records au cours des deux derniers mois sous l’effet de pressions sur l’offre. Si plusieurs mines ont connu des difficultés opérationnelles appelées à se résorber cette année, la production ne devrait toutefois pas croître aussi rapidement que la demande. L’électrification demeure une tendance structurelle de long terme, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données, et le cuivre est appelé à y jouer un rôle clé. Dans ce contexte, les prix devraient continuer de grimper », entrevoit Daniel Greenspan.

L’expert s’attarde sur deux sociétés canadiennes. Dabord Teck Resources, de Vancouver, qui est en passe de fusionner avec la société britannique Anglo American et de terminer les réparations de sa mine QB2 au Chili. Il souligne ensuite Hudbay Minerals, de Toronto, qui peut compter sur une solide base d’exploitation au Manitoba, en Colombie-Britannique et au Pérou.  

L’or devrait lui aussi poursuivre sa croissance, selon l’expert, même si les banques centrales continuent de réduire leurs taux d’intérêt, auxquels ce métal est particulièrement sensible.

« La tendance à la dédollarisation devrait se poursuivre à l’échelle mondiale, et les banques centrales devraient continuer d’accumuler de l’or afin de diversifier leurs actifs, peu importe le coût. En effet, elles sont motivées avant tout par l’incertitude économique, les tensions géopolitiques, l’inflation, les tarifs douaniers et les efforts de la Chine pour promouvoir le yuan. »

En fait, tous les investisseurs devraient conserver une portion d’or dans leurs portefeuilles « pour couvrir les risques connus et inconnus », recommande Daniel Greenspan.

Le prix de l’or pourrait être temporairement freiné par un ralentissement des baisses de taux de la Réserve fédérale américaine, un raffermissement du dollar américain ou une diminution de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale, admet l’expert, toutefois il estime que les facteurs de soutien devraient demeurer dominants.

Parmi les sociétés canadiennes bien exposées à cette tendance, il cite d’abord la géante Barrick Mining, de Toronto, qui détient des actifs d’une grande qualité et fait face à de belles perspectives de croissance, notamment avec ses gisements Fourmile, au Nevada, et Reko Diq, au Pakistan. 

De taille plus modeste, la société torontoise Alamos Gold est en bonne position pour valoriser son gisement Island Gold en Ontario. Quant à la société québécoise G Mining, de Brossard, son exploitation réussie de la mine Tocantinzinho, au Brésil, laisse présager un nouveau succès à Oko West, au Guyana, qui lui permettra de rentrer dans le club des exploitants multi-actifs.  

Du côté du pétrole, ses prédictions sont moins optimistes. Il s’attend à voir le prix du baril de WTI s’échanger entre 55 $ et 65 $. C’est surtout l’offre qui décidera des prix cette année, sous l’effet des décisions de l’OPEP, de l’évolution des relations des diverses puissances avec la Russie, et des conséquences de l’intervention américaine au Venezuela (qui a eu lieu suite à notre entretien avec Daniel Greenspan).  

Certaines sociétés canadiennes devraient cependant tirer leur épingle du jeu selon lui, comme Pembina Pipeline, TC Energy et Cenovus. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.