Vers une autre belle année pour le revenu fixe ?

Par Nicolas Ritoux | 9 December 2025 | Last updated on 8 December 2025
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Une voyante, on voit juste les mains et la boule de crystal.
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La meilleure stratégie de revenu fixe pour 2026 consistera à se montrer sélectif pour réduire le risque de crédit, croit Aaron Young, directeur exécutif, gestion de portefeuilles de clients à Gestion d’actifs CIBC.

« L’année 2025 a été marquée par deux grands vecteurs macroéconomiques. D’un côté, les menaces de tarifs douaniers américains ont alimenté une forte incertitude quant à la capacité des entreprises à absorber le choc, que ce soit en réduisant leurs marges ou en augmentant leurs prix. De l’autre, le spectre d’une récession planait sur une bonne partie de l’année. Même si elle ne s’est finalement pas matérialisée, les acteurs du marché se sont inquiétés des potentielles réactions des banques centrales et de leurs effets sur les profits des sociétés », résume Aaron Young.

Mais ce qui aura le plus marqué l’année selon l’expert, c’est le coup d’envoi de la Réserve fédérale américaine en matière de baisses de taux, qui a profité aux marchés obligataires, dont le rendement agrégé total atteignait 7,5 % à la fin novembre. Pendant ce temps, au Canada, où les baisses de taux se sont produites plus tôt, le rendement agrégé du marché obligataire n’atteignait que 3,5 % à la même période. 

« Nous n’allons probablement pas observer de nouvelles baisses de taux d’une telle ampleur, mais les coupons obligataires conservent néanmoins leur attrait en matière de revenu », affirme Aaron Young.

« Nous avons désormais réduit le risque de nos portefeuilles en délaissant certains titres de sociétés pour des titres de gouvernements ou garantis par des agences. Ce n’est pas que nous nous attendions à des incidents de crédit majeurs parmi les sociétés, mais leur ratio risque-bénéfice est simplement devenu moins attrayant. »

Il entrevoit pour l’an prochain des incertitudes concernant l’inflation et l’évolution de l’économie, notamment sous l’effet des investissements massifs dans les technologies d’intelligence artificielle. Dans ce contexte, il estime que les obligations de sociétés s’échangent à des prix relativement élevés, surtout quand on sait qu’il existe de bons rendements dans des sous-catégories de revenu fixe moins risquées.

« Nul ne peut prédire quand et comment les écarts de rendement se creuseront de nouveau, ni s’ils demeureront étroits encore longtemps. La clé du succès demeure une gestion active, capable de prendre en compte les micro-cycles propres à certains secteurs et d’explorer d’autres environnements de taux d’intérêt, ainsi que des solutions comme le crédit privé. L’enjeu, pour nous, sera de doser le rendement ajusté au risque et de nous préoccuper davantage des pertes potentielles que des gains possibles. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire. 

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.