Finances personnelles : il est minuit moins une avant le 31 décembre !

Par Institut de planification financière | 15 December 2025 | Last updated on 12 December 2025
5 min read
Temps et pile de pièces.
busracavus / iStock

La date financière fatidique du 31 décembre approche rapidement. Pour plusieurs, cette période de l’année rime déjà avec une accumulation de dépenses… auxquelles s’ajoutent les « dépenses » financières qui méritent qu’on s’y attarde. L’objectif de cet article : vous convaincre de saisir ces occasions avant qu’elles ne disparaissent.

Pour ceux et celles dont le budget est plus serré qu’à l’habitude, il pourrait être judicieux de considérer un emprunt temporaire afin de cotiser au CELIAPP, au REEE, au REEI ou au REER, selon votre situation.

Premièrement, si vous attendez un boni en début d’année, vous pourriez emprunter en décembre l’équivalent de vos droits REEE inutilisés (jusqu’à 2500 $ ou 5000 $, selon le cas) et rembourser le prêt une fois votre boni reçu. Cela vous évite de manquer la cotisation annuelle, puisque les subventions sont basées sur l’âge de l’enfant au 31 décembre, en plus de vous permettre de récupérer jusqu’à 30 % en subventions (jusqu’à concurrence d’un montant de 5000 $) lorsque vous disposez de droits inutilisés.

Le CELIAPP mérite également votre attention. Contrairement au REER, les cotisations versées dans les 60 premiers jours de 2026 ne pourront pas être déduites pour l’année 2025. Les droits de cotisation au CELIAPP sont de 8 000 $ par année, et vous pouvez reporter une seule année de droits inutilisés, pour un maximum de 16 000 $ à cotiser dans une même année. Ainsi, comme pour le REEE, un emprunt temporaire pourrait être utile pour cotiser jusqu’à 16 000 $ si vous avez ouvert votre compte en 2024 et n’y avez jamais cotisé. Si vous avez ouvert votre CELIAPP en 2023, mais commencez à cotiser seulement en 2025, vous pourrez cotiser un maximum de 16 000 $ en 2025, et votre maximum sera encore 16 000 $ si vous attendez à janvier 2026 pour cotiser.

Le REEE et le CELIAPP se retrouvent donc généralement en tête de liste dans la planification de fin d’année : leurs droits ne peuvent pas être reportés sur plus de deux ans et ils ont tous deux comme date limite le 31 décembre. Bref, si vous avez des droits inutilisés, c’est le moment ou jamais !

Le régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) est un régime d’épargne à imposition différée qui s’adresse aux résidentes et résidents canadiens admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH). Les subventions disponibles, de 100 % à 300 % des montants investis, sont offertes jusqu’à l’année où la personne atteint 49 ans (au 31 décembre). Si vous ou une personne proche êtes admissibles, assurez-vous d’avoir maximisé vos cotisations avant la fin de l’année pour profiter pleinement des subventions.

Passons maintenant au REER. Plusieurs personnes ne profitent pas de l’option du REER de conjoint. Essentiellement, Conjoint 1 peut utiliser ses propres droits de cotisation inutilisés pour cotiser au REER de Conjoint 2, tout en bénéficiant de la déduction fiscale. Conjoint 1 ne peut pas utiliser les droits de cotisation de Conjoint 2 pour ce faire. Il faut aussi connaître la règle des « trois 31 décembre » : si Conjoint 2 retire des sommes du REER avant d’avoir franchi trois 31 décembre suivant la cotisation, c’est Conjoint 1 qui sera imposé. Voilà pourquoi décembre est un moment stratégique pour cotiser dans un REER de conjoint — un des trois 31 décembre passe immédiatement ! À noter cependant : pour les conjoints de fait, cela constitue un don.

Le REER conventionnel peut aussi être envisagé. Cependant, un boni reçu en début d’année peut généralement être transféré directement dans un REER. En effet, vous avez jusqu’au 2 mars 2026 pour cotiser à votre REER et réduire vos impôts 2025. Vous pourriez donc attendre le début de l’année 2026 pour emprunter un montant correspondant à votre économie d’impôt estimée, plutôt que de vous précipiter avant le 31 décembre.

À ce moment-ci de l’année, vous devriez avoir une bonne idée de votre revenu (et de celui de vos enfants) pour 2025. En lien avec les sujets précédents, voici quelques conseils en rafale :

  • Si votre revenu est nettement plus faible cette année que dans les années à venir, vous pourriez envisager de générer volontairement du revenu (vente de placement, versement d’un dividende, etc.).
  • Si votre enfant est aux études postsecondaires, il pourrait être opportun de demander un paiement d’aide aux études (PAE), soit la portion du REEE constituée des rendements et des subventions. Ce montant est imposé dans les mains de l’étudiant ou de l’étudiante, qui a souvent peu ou pas de revenus. Combiné à certains crédits personnels, cela signifie qu’il y a souvent peu ou pas d’impôt.
  • Pour les personnes âgées de 65 et 69 ans qui reçoivent une rente d’un régime à prestations déterminées, si votre rente a diminué il peut être pertinent d’envisager un retrait de REER afin de niveler votre revenu imposable pour cette année. Cela peut être particulièrement avantageux si vous prévoyez reporter vos rentes gouvernementales (jusqu’à 70 ans pour la PSV et jusqu’à 72 ans pour le RRQ). En effet, votre revenu imposable diminue généralement à 65 ans, puis augmente à 70 et à 72 ans, sans compter les retraits minimums obligatoires du FERR à compter de 72 ans. Cela peut créer une fenêtre intéressante de retraits REER entre 65 et 69 ans.

Finalement, si vous avez la chance d’avoir déjà maximisé tous vos abris fiscaux et détenez des placements non enregistrés, vous pourriez envisager d’en vendre pour réaliser des gains ou des pertes avant la fin de l’année. Cela pourrait compenser des gains ou des pertes en capital réalisés au courant de l’année dans votre portefeuille. Toute perte en capital nette qui ne peut être utilisée dans l’année en cours peut être soit appliquée aux trois années précédentes, soit reportée indéfiniment pour compenser les gains en capital nets d’années futures.

Si vous voulez que votre perte soit immédiatement déductible pour 2025 (ou pour l’une des trois années antérieures), le règlement de la perte doit avoir lieu en 2025. Attention toutefois aux règles des « pertes apparentes ». Par exemple, si vous acquérez le même titre dans les 30 jours suivants la vente à perte, celle-ci sera réputée nulle.

Cela dit, la planification de fin d’année, c’est bien, mais planifier toute l’année, c’est encore mieux !

Ce texte a été rédigé par Charles Hunter-Villeneuve, M. Fisc., Pl. Fin., TEP

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