Génération Z neurodivergente : un trésor caché

Par La rédaction | 3 April 2025 | Last updated on 2 April 2025
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D’ici 2025, la génération Z constituera près d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale, et près de la moitié de ses membres se déclarent neurodivergents. Autisme, TDAH, dyslexie : ces particularités cognitives façonnent une nouvelle réalité pour les employeurs, qui doivent adapter leur milieu de travail en conséquence, signale Travis Hollman, fondateur et PDG de MeSpace, dans Fast Company.

Actuellement, 40 % des personnes neurodivergentes ne trouvent pas d’emploi, souvent en raison de bureaux inadaptés à leurs besoins, affirme Travis Hollman. Les personnes neurodivergentes sont particulièrement sensibles aux stimulations sensorielles. Les espaces ouverts, l’éclairage fluorescent et les horaires rigides, entre autres, constituent des obstacles à leur intégration et à leur productivité.

Pourtant, ces employés présentent des avantages pour les entreprises en raison de certaines caractéristiques propres à leur profil.

UNE VALEUR AJOUTÉE À L’ENTREPRISE

Les personnes neurodivergentes se démarquent en résolution de problèmes, en créativité et en innovation. Une recherche publiée dans la revue Psychologie industrielle et organisationnelle rapporte que la neurodiversité influence de manière positive non seulement le bien-être individuel des employés, mais aussi la performance des entreprises.

D’après Harvard Business Review, les équipes neurodiverses sont 30 % plus productives dans un environnement adapté. Chez JPMorgan Chase, par exemple, des employés autistes ont montré une productivité 90 à 140 % supérieure à celle de leurs collègues neurotypiques.

Un rapport de Korn Ferry révèle également que les organisations qui adoptent des pratiques inclusives, notamment à l’égard de la neurodiversité, sont 70 % plus à même de conquérir de nouveaux marchés. Elles ont aussi plus de chances de transformer des idées en produits et de générer des revenus supplémentaires grâce à l’innovation.

RECHERCHÉS EN TECHNOLOGIES ET EN FINANCE

Les employés neurodivergents possèdent des compétences particulières qui s’avèrent précieuses dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs technologiques et financiers.

Leurs aptitudes en reconnaissance de motifs et en traitement de l’information en font des profils recherchés en analyse de données, en intelligence artificielle, en cybersécurité et en gestion des risques financiers, indique l’American Enterprise Institute.

Dans le secteur financier, leur capacité à repérer des tendances et des anomalies dans de grands ensembles de données peut améliorer la détection des fraudes et l’optimisation des stratégies d’investissement.

Certaines entreprises ne s’y sont pas trompées. JPMorgan Chase a mis en place dès 2019 des programmes spécifiques pour recruter ces talents.

« Faire correspondre des sources de données, vérifier des adresses ou saisir manuellement des données, sont autant de tâches qui peuvent être intellectuellement épuisantes pour des employés neurotypiques, mais qui conviennent parfaitement à des employés neurodivergents », mentionne l’institution financière sur son site Web. La firme constate une diminution importante du taux d’erreur, une amélioration du moral des employés neurotypiques et une culture plus inclusive au sein des équipes qui accueillent des employés neurodivergents.

Travis Hollman souligne que miser sur la neurodiversité, c’est « s’ouvrir à des qualités qui ont permis à des visionnaires comme Steve Jobs et Bill Gates de transformer l’industrie technologique ».

ADAPTER LES CONDITIONS DE TRAVAIL

Les entreprises qui intègrent des politiques inclusives en faveur des employés neurodivergents bénéficient d’un avantage concurrentiel, à condition d’adapter l’environnement de travail à leurs besoins particuliers, précise Travis Hollman, lui-même dyslexique et atteint de TDAH.

Parmi les ajustements recommandés :

  • Des espaces de travail modulables qui permettent un contrôle de l’éclairage et du bruit.
  • Une flexibilité accrue des horaires et des modes de travail pour mieux répondre aux besoins individuels ;
  • Une mission d’entreprise claire et engageante, car la génération Z se montre particulièrement motivée par des causes comme l’environnement, la santé ou l’innovation technologique.

Le secteur financier, traditionnellement plus rigide dans ses structures de travail, pourrait bénéficier de telles adaptations pour attirer et retenir ces talents. Une étude de Deloitte indique que les entreprises inclusives affichent des taux de rétention des employés deux fois plus élevés, réduisant ainsi les coûts de roulement du personnel.

Les ajustements en faveur de la neurodiversité ne sont pas uniquement une question d’inclusion, mais aussi une stratégie de performance et d’innovation, affirme Travis Hollman. Il croit que entreprises qui repensent leurs espaces et leurs processus en y intégrant des aménagements sensoriels et une organisation plus flexible auront un avantage décisif dans la transformation du monde du travail au cours des prochaines années.

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La rédaction