La CSF veut démocratiser l’accès aux formations

Par Alizée Calza | 15 April 2025 | Last updated on 15 April 2025
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Groupe de personnes anonymes levant la main lors d’un séminaire.
miniseries / iStock

En seulement deux ans, la Chambre de la sécurité financière (CSF) a enregistré une véritable explosion du nombre d’inscriptions à ses formations : celles-ci sont passées de 1834 en 2022 à 44 769 en 2024 ! Ce résultat impressionnant est loin d’être le fruit du hasard. C’est plutôt la résultante d’une stratégie réfléchie découlant d’une écoute attentive des besoins soulevés par les enjeux de l’industrie.

Ces dernières années, la CSF s’est concentrée sur l’identification des défis auxquels sont confrontés les membres de l’industrie et des compétences clés à maîtriser dans l’avenir. Un travail qui lui a permis de bâtir une stratégie de développement et de formation visant à démocratiser l’accès à des contenus de qualité. Ce processus, loin d’être abstrait, a déjà montré des résultats concrets et mesurables.

Daniel Richard, vice-président, relations avec les communautés à la CSF, revient sur les éléments derrière cette réussite. La recette du succès comprend ainsi plusieurs ingrédients. Le premier étant de prendre le pouls de l’industrie.

ÉCOUTER LES PROFESSIONNELS 

La CSF n’a pas mené son travail de réflexion en vase clos. Au contraire, elle a prêté une oreille attentive aux membres de l’industrie pour comprendre leurs préoccupations et leurs besoins. Cette démarche lui a permis d’identifier quatre enjeux majeurs, désormais au cœur de ses préoccupations, soit :

  • Les changements économiques : le coût de la vie, l’inflation, le contexte géopolitique, etc. ;
  • Les changements sociaux : la crise du logement, le vieillissement de la population, etc. ;
  • Les changements climatiques et les préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) ;
  • Les évolutions technologiques et l’intelligence artificielle (IA).

« Ce sont des éléments que nous avons intégrés dans notre planification stratégique pour définir la vision de la Chambre et déterminer notre orientation en tant qu’organisme fédérateur au sein de l’industrie qui propose des solutions », décrit Daniel Richard.

Grâce à cette écoute active, l’organisme d’autoréglementation (OAR) a également mis en lumière sept compétences clés à développer pour préparer l’avenir : le sens client, la communication d’impact, le développement continu, le développement des affaires, la capacité de synthèse dans la complexité, la rigueur et une priorisation agile.

« Nous nous sommes servis de ces compétences-là pour dresser ou décider des formations que nous allions présenter à notre événement de formation annuel : le ProLab », précise l’expert.

DÉMOCRATISER L’ACCÈS À DES FORMATIONS DE QUALITÉ

L’objectif de la CSF est clair : garantir l’accès de ses membres à des formations de qualité. « Si c’est l’Autorité des marchés financiers qui procède à l’inscription des représentants, la CSF assure la formation continue obligatoire au fil des années », rappelle Daniel Richard. Et pour s’assurer que ses membres bénéficient d’un véritable retour sur investissement, la CSF met un point d’honneur à proposer des formations pertinentes et accessibles.

Pour soutenir les jeunes professionnels, la CSF a mis en place un programme d’intégration des nouveaux membres. « Chaque année, environ 2000 nouveaux membres rejoignent la Chambre, rapporte Daniel Richard. Nous organisons un événement annuel spécifiquement pour eux, avec des formations gratuites et des outils à leur disposition. »

De plus, la CSF a la responsabilité de reconnaître les formations qui correspondent aux obligations de ses membres et d’y attribuer des unités de formation continue (UFC). « Les cabinets, les courtiers, et les fournisseurs ou formateurs indépendants doivent faire reconnaître leurs formations auprès de la Chambre et on a un ensemble de critères qui servent à les évaluer », explique Daniel Richard.

Il s’agit d’une tâche d’envergure, puisque chaque année, la CSF évalue plus de 2000 formations (2153 en 2024). « Nous évaluons à près de 3500 le nombre de formations actives en ce moment », rapporte Daniel Richard.

Pour simplifier ce processus, la CSF a mis en place une nouvelle plateforme qui facilite la reconnaissance et le renouvellement des formations. En outre, lorsque des lacunes sont identifiées dans un domaine, la CSF intervient pour compléter l’offre de formation. Par exemple, « il y a plusieurs années, il manquait de formations en assurance collective, donc la Chambre est venue compléter cette offre-là parce que l’industrie n’en développait tout simplement pas », raconte Daniel Richard.

DES PARTENARIATS DE QUALITÉ

Afin de mener à bien la poursuite de ses différents objectifs, la CSF a su s’entourer. « Nous travaillons beaucoup avec des organisations qui partagent notre mission de protection des consommateurs », souligne Daniel Richard. Parmi elles, Éduc Épargne et Options consommateurs, avec qui elle organise des webinaires bisannuels reconnus pour l’attribution d’UFC.

La CSF offre également des formations thématiques à travers la Chaire de recherche et de formation Argent, inégalité et société, mise en place à la fin 2023 en partenariat avec le Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Dirigée par la professeure Hélène Belleau, la Chaire développe des projets de recherche qui donnent lieu à des études, mais aussi à des curriculums de formation. Le prochain projet porte ainsi sur les situations de vie complexe des Québécois. Dans la même veine, un autre projet portant celui-là sur les clientèles immigrantes est également en cours « et devrait s’achever à l’été », informe Daniel Richard.

Le but consiste à offrir aux membres « un retour sur son investissement ». Les cotisations des membres à la CSF permettent ainsi notamment d’investir dans des projets de recherche dont vont découler des formations de qualité destinées à améliorer les pratiques. « C’est ça aussi que ça veut dire, démocratiser l’accès à des formations de qualité », résume le porte-parole de la CSF.

Dans le cadre d’une démarche semblable, l’OAR a également conclu un partenariat avec l’Association de la planification financière et fiscale (APFF). En contrepartie de l’attribution d’UFC, l’APFF propose des formations spécialisées en planification fiscale et financière directement sur la plateforme de la CSF, au bénéfice de ses membres.

Un autre projet en cours est une collaboration avec la Chambre de l’assurance de dommage et l’Institut de planification financière. Ils travaillent ainsi sur « un design pédagogique pour un curriculum de formation en intelligence artificielle qui pourrait être commun aux trois organisations », rapporte Daniel Richard.

« C’est la première fois en 25 ans, depuis que la Loi sur la distribution de produits et services financiers a été mise en vigueur, que nos organisations décident de travailler ensemble », se réjouit-il.

DES FORMATIONS GRATUITES ET ÉQUILIBRÉES

Pour garantir un accès élargi à ses formations, la CSF a aussi choisi d’offrir davantage de formations gratuites, notamment en matière de conformité, ainsi que des formations en lien avec « des phénomènes de société qui sont importants, comme les inégalités hommes-femmes à l’aube de la retraite », partage Daniel Richard.

La CSF a de plus choisi de remettre de l’avant et de rendre plus accessibles certains de ses cours moins récents, comme ceux portant sur les écarts de revenus entre hommes et femmes, ou sur la protection des renseignements personnels, en les proposant gratuitement à ses membres.

L’objectif de la CSF est clair : rendre la formation toujours plus accessible, en particulier pour mieux protéger le public et garantir des standards de qualité au sein de l’industrie.

« Il est vrai qu’il y a un coût à se former, à se développer, mais nous, nous voulons de plus en plus rendre cela accessible », conclut Daniel Richard.

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Alizée Calza

Alizée Calza est rédactrice en chef adjointe pour Conseiller.ca et pour Finance et Investissement.