La valeur de la prise de décision humaine à l’ère de l’IA

Par La rédaction | 19 December 2024 | Last updated on 18 December 2024
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Homme d’affaires et robot se serrant la main. Caractère de robot aider un homme.
Guzaliia Filimonova / iStock

Les avancées rapides de l’intelligence artificielle (IA) suscitent à la fois enthousiasme et crainte. Si cette technologie a permis de révolutionner bien des domaines et d’automatiser nombre de tâches, l’humain reste encore et toujours irremplaçable notamment pour ce qui est de prendre les décisions finales.

Si le « dataisme », cette croyance selon laquelle les algorithmes seraient capables de découvrir la vérité et de prendre les bonnes décisions en disposant de plus en plus de données, existe bien, le Harvard business review assure qu’il s’agit d’une illusion.

La prise de décision ne repose pas uniquement sur une agrégation de données et d’analyses algorithmiques. Elle implique notamment des éléments tels que la sélection de sources de données fiables, l’utilisation de l’imagination pour envisager des possibilités au-delà des faits disponibles et l’évaluation de la faisabilité des solutions, autant de domaines où l’humain possède des avantages innés sur les machines.

Dans son article, le Havard business Review a ainsi identifié huit dimensions, au-delà des données et des algorithmes, qui interviennent dans la plupart des décisions.

  1. Définir l’objectif ultime

Chaque décision sert un objectif humain qu’il est crucial de déterminer. Il en va de même pour les entreprises, qui cherchent à atteindre des objectifs fondamentaux, tels que la prospérité ou la protection de l’environnement. En raison de la subjectivité des valeurs humaines, la définition de cet objectif ne peut être déléguée à l’IA.

  • Encadrer les objectifs immédiats

Pour atteindre cet objectif ultime, il est nécessaire de définir des objectifs immédiats et tangibles à atteindre tout au long de ce parcours. Ces objectifs sont le fruit d’un compromis entre les préférences individuelles et collectives, donc, encore une fois, ils ne peuvent être délégués à l’IA.

  • Déterminer le domaine du possible

Ensuite, il est essentiel d’identifier les options possibles, et pour cela, l’imagination humaine est indispensable. Toutes les entreprises reposent sur l’imagination, sans elle, l’idée du service offert n’existerait pas et, pour cela, difficile de reposer sur l’IA.

  • Sélectionner les sources de données

Au lieu de se concentrer uniquement sur les données facilement accessibles, il est bon de récolter des avis indépendants qui peuvent mener à une prise de décision plus éclairée. Pour cela, il faut interroger les clients actuels et leur demander comment s’améliorer.

  • Établir sa crédibilité

Alors que la désinformation bat son plein, il faut établir la crédibilité des sources de données et les systèmes d’IA ne possèdent pas cette capacité. En revanche, les humains peuvent évaluer la réputation, l’expertise et les éventuels biais ou incitations des fournisseurs d’informations.

  • Choisir un algorithme de décision

Bien que nombre de produits d’IA sont commercialisés comme étant universellement utiles, les mathématiques ont montré qu’aucun algorithme d’optimisation unique ne peut être supérieur à tous les problèmes. Ainsi, les humains doivent décider quel cadre de prise de décision correspond le mieux à leurs objectifs.

  • Évaluer la compétitivité

Sans compter que les stratèges humains jouent un rôle essentiel dans l’évaluation des implications concurrentielles des décisions, en comprenant les incitations, les avantages, les mentalités et les comportements des concurrents.

  • Les considérations éthiques

Même si une solution se dégage comme étant la plus fonctionnelle, économique ou compétitive, elle pourrait ne pas être la plus éthique.

Pour déterminer si c’est le cas, il faut s’appuyer sur des principes de raisonnement moral au contexte interpersonnel et social spécifique de la décision, une capacité, encore une fois, très humaine.

N’ÉCARTEZ PAS L’IA DE VOS PROCESSUS

En conclusion, la prise de décision ne peut pas être confiée à une machine. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faut tenir l’IA loin de ce processus. Si elle est correctement guidée par l’humain, la technologie peut en effet aider dans la prise de décision.

Harvard business Review avertit également qu’il est important de ne pas toujours se reposer sur l’IA, car cela crée un sentiment de dépendance à cet outil. Les humains peuvent également y perdre des compétences très importantes.

Finalement, comme les décisions dépendent beaucoup de l’intuition, les entreprises auraient tout intérêt à développer cette compétence parmi leurs employés en favorisant notamment l’apprentissage expérientiel et en les invitant à faire toujours preuve d’imagination.

Pour cela, il faut s’assurer de créer un environnement propice à la promotion de ces compétences. Harvard business Review recommande donc d’instaurer une culture de sécurité psychologique dans laquelle les employés peuvent exprimer des perspectives diverses, débattre des idées ouvertement et remettre en question le statu quo.

Finalement, l’article conclut que, pour travailler efficacement avec l’IA, les dirigeants devraient repenser les systèmes de prise de décision en combinant les forces humaines et celles de la technologie. Cela pourrait consister à séparer les tâches adaptées à l’IA, comme le traitement des données et la reconnaissance des modèles, de celles nécessitant un jugement humain, telles que la définition des objectifs et la prise en compte des enjeux éthiques et contextuels. Certaines tâches impliqueront aussi une coopération entre l’intelligence humaine et artificielle, formant ainsi une organisation « bionique », où les humains évaluent les solutions proposées par l’IA pour en vérifier la faisabilité et les implications éthiques et concurrentielles.

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La rédaction