L’immobilier, un élément clé de la planification de retraite ?

Par Richard Cloutier | 14 July 2025 | Last updated on 11 July 2025
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Signature d’un contrat de vente de maison.
coldsnowstorm / iStock

Bien que les défis posés par la situation économique actuelle soient multiples, notamment en ce qui a trait au secteur immobilier, près des deux tiers (62 %) des Canadiens considèrent l’accession à la propriété comme un élément clé de leur stratégie de retraite, selon les données du sondage du Healthcare of Ontario Pension Plan (HOOPP) 2025 sur la retraite

L’immobilier peut effectivement être considéré dans le cadre d’une planification de la retraite, que ce soit à titre d’investissement ou en tant que source de stabilité financière, et même en être un élément clé, affirme Peter Tsakiris, fondateur et président-directeur général de Services Financiers Whitemont.

Être propriétaire peut en effet permettre d’abord d’éliminer ou de réduire les coûts de logement en raison de l’absence du frais de loyer, à condition de ne pas avoir d’investissements trop importants à apporter au logement pour le maintenir dans une condition adéquate. Investir dans l’immobilier peut également générer des revenus locatifs stables et ainsi compléter les pensions de retraite et les autres revenus, ou même apporter du capital à la suite d’une vente, illustre Peter Tsakiris.

Le planificateur financier prend toutefois le soin de rappeler que chaque situation est unique et doit donc être analysée avant d’adopter toute stratégie. De fait, selon un sondage HOOPP, seuls 30 % des Canadiens qui ne possèdent pas de maison disent avoir suffisamment d’argent pour épargner. Par ailleurs, 62 % des répondants s’inquiètent de l’impact des taux d’intérêt sur leur capacité à acheter une propriété.

De même, « être propriétaire de sa résidence est un défi — et s’acquitter de sa dette hypothécaire dans son entièreté l’est encore plus », analyse Royal LePage en marge d’un sondage mené par Léger et publié en mai 2025.

Cette enquête indique que près de trois Canadiens sur dix (29 %) qui prévoient prendre leur retraite en 2025 ou 2026 affirment qu’ils devront continuer de rembourser leur prêt hypothécaire sur leur résidence principale pendant leur retraite. À l’inverse, près de la moitié (45 %) disent avoir déjà réglé leur prêt, tandis que 6 % affirment qu’ils auront payé leur dette hypothécaire avant leur départ à la retraite.

Parmi les adultes canadiens qui prévoient prendre leur retraite en 2025 ou 2026, 46 % prévoient réduire la taille de leur maison dans les deux ans suivant la fin de leur emploi à temps plein, tandis que 47 % ne comptent pas le faire. Selon d’autres données fournies par Royal LePage, le Québec est la deuxième province où les retraités seraient les plus enclins à réduire la taille de leur logement (35 %), après la région des Prairies (46 %).

Selon le sondage HOOPP, la moitié des propriétaires non retraités prévoient s’appuyer sur la vente de leur maison pour financer leur retraite.

Dans ce contexte, Peter Tsakiris y va de quelques réflexions en rafale à l’intention des futurs retraités qui prévoient d’intégrer l’immobilier d’une manière ou d’une autre dans leur planification de la retraite :

  • Pour une personne qui habite sa propre résidence

Si le client détient des placements non enregistrés, par exemple hors REER, il pourrait les utiliser pour rembourser son prêt hypothécaire et ensuite emprunter pour investir de manière à rendre les intérêts déductibles, suggère l’expert.

  • Pour une personne dont le ou les biens immobiliers sont destinés à la location

Le client devrait considérer la mise à part de l’argent afin de ne pas contaminer les dettes qui sont personnelles et celles qui sont liées au volet locatif, affirme Peter Tsakiris.

  • Comment une personne doit-elle envisager la retraite s’il existe une dette hypothécaire ?

Le client doit tenir compte des paiements hypothécaires dans ses projections. Si la planification n’offre pas d’avenues satisfaisantes, il devra envisager la vente éventuelle du bien immobilier, répond l’expert.

  • Quels enjeux sont à prévoir à plus long terme ?

Le client doit toujours prendre en considération une réserve pour rénovations et entretien. En cas de maladie, l’option de la vente doit aussi être considérée selon l’évolution de la situation, continue-t-il.

  • Quelle part du portefeuille le volet immobilier doit-il idéalement occuper par rapport aux autres actifs ?

Cela dépend des besoins de chacun, selon Peter Tsakiris. L’important consiste à avoir suffisamment de liquidités pour vivre, d’où la nécessité d’une bonne planification initiale, et d’une mise à jour régulière de celle-ci. Sinon, le client devra considérer l’option de vendre l’actif immobilier pour dégager du capital, ou d’avoir recours à une hypothèque inversée.

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Richard Cloutier

Richard Cloutier est rédacteur en chef de Finance et Investissement et de Conseiller.ca. Il a été Adm.A. de 1995 à 2012 avant de se consacrer au journalisme. Il a notamment écrit pour La Presse et Les Affaires.