L’Eldorado de la finance intégrée

Par Didier Bert | 6 August 2024 | Last updated on 5 August 2024
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La distribution alternative de produits financiers prend de l’ampleur en Europe, au point de représenter entre 10 % et 15 % des revenus bancaires d’ici 2030.

La finance intégrée, c’est-à-dire la fourniture de produits financiers par des entités non financières dans le cadre de leur offre plus large, pourrait générer des revenus supérieurs à 100 milliards d’euros en Europe d’ici à 2030. Elle générait déjà entre 20 et 30 milliards d’euros en 2023, soit 3 % du total des revenus bancaires.

La distribution de produits financiers, comme des prêts et de l’assurance, se fait désormais par de multiples canaux alternatifs à la distribution traditionnelle. Cet essor est permis par la technologie, qui offre des parcours clients instantanés et transparents, souligne une note du cabinet McKinsey. De leur côté, les clients s’attendent à obtenir des produits financiers dès qu’ils en ont besoin, comme durant un achat important.

McKinsey donne l’exemple d’Amazon Allemagne, qui, en partenariat avec ING, propose des prêts préapprouvés et personnalisés aux PME qui vendent sur sa plateforme. Le détaillant en ligne transmet des données à ING concernant les performances des PME, permettant à la banque de proposer des prêts en quelques clics. Amazon reste sur son cœur de métier et garde sa marque distincte des services financiers.

Du côté de l’offre de produits financiers, les canaux alternatifs de la finance intégrée allègent considérablement les coûts, grâce à l’automatisation et à l’identification électronique.

Le nouveau canal dominant de la banque de détail est désormais le téléphone cellulaire. Après un développement important dans la décennie 2010, ce canal a connu une croissance considérable avec la pandémie… alors que tous les autres canaux ont connu une baisse. Et les banques ajoutent désormais régulièrement des services bancaires mobiles.

Parallèlement, de 2016 à 2023, la part des ventes en ligne du type « acheter maintenant, payer plus tard » a bondi de 2 à 10 % dans plusieurs marchés européens, favorisée justement par l’augmentation de la part du commerce électronique dans les ventes au détail.

Quatre consommateurs européens sur dix préfèrent déjà les canaux en ligne pour financer l’achat de leur automobile. Ils veulent pouvoir accéder à un prêt et à une assurance quand et où ils en ont besoin, en un minimum de clics.

Et ce phénomène ne se limite pas aux consommateurs : les PME ont des attentes similaires. Les acheteurs achèteraient quatre fois plus sur les sites web des fournisseurs si l’option était disponible.

Ces tendances convergent pour que la finance intégrée génère 10 à 15 % des revenus bancaires en 2030 en Europe, comme s’y attend McKinsey.

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Didier Bert

Didier Bert est journaliste indépendant. Il collabore à plusieurs médias sur les thèmes de l’économie, des finances et du droit.