Travailler après 70 ans : une obligation pour davantage de Canadiens

Par La rédaction | 20 June 2024 | Last updated on 19 June 2024
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Près de 351 000 aînés canadiens, soit un sur dix, ont occupé un emploi en 2022 pour couvrir leurs besoins financiers, selon un récent rapport de Statistique Canada portant sur les aînés qui travaillent par nécessité financière.

Selon l’étude basée sur les résultats du recensement 2021, les femmes célibataires et les immigrants sont plus susceptibles que les autres catégories de population de travailler encore après l’âge traditionnel de la retraite. Parmi ceux-ci, les Philippins, les Asiatiques du Sud et les Noirs sont plus nombreux à continuer de travailler après 65 ans.

Près de 145 000 Britanno-Colombiens en âge de prendre leur retraite continuent à travailler, rapporte le Vancouver Sun. Près d’un tiers de la population de la région métropolitaine de Vancouver provient de l’étranger.

Le travail s’étire après un certain âge dans toutes les provinces canadiennes. La crise du logement, le manque de reconnaissance des qualifications obtenues à l’étranger, la discrimination et les abus jouent un rôle dans le fait que bon nombre de Canadiens continuent à travailler au lieu de profiter de leur retraite, signalent des experts.

Le pourcentage d’ainés canadiens âgés de 65 à 69 ans qui travaillent pour payer leurs factures atteint 21 % chez les immigrants de sexe masculin âgés de 65 à 69 ans, comparativement à 13,5 % chez les hommes du même âge nés au Canada. Les immigrantes occupent un emploi après l’âge de 65 ans dans une proportion de 13 %, comparativement à 8,8 % chez les femmes nées au pays.

Selon Alison Silgardo, directrice générale de la Seniors Services Society de Colombie-Britannique, le nombre de personnes âgées qui travaillent par nécessité ne cesse d’augmenter, rapporte le quotidien de Vancouver.

La responsable signale que la plupart des personnes âgées qui restent sur le marché du travail pour des raisons financières gagnent un revenu moindre que celles qui continuent à travailler par choix. Elles occupent en général des emplois dans l’industrie manufacturière, les transports ou le commerce de détail et sont plus susceptibles d’être locataires.

Carlos Teixeira, professeur de géographie à l’Université de Colombie-Britannique (UBC), indique que la plupart des immigrants récents ont un niveau d’éducation élevé, mais qu’ils ne trouvent pas d’emploi correspondant à leur diplôme.

Ces travailleurs âgés œuvrent souvent dans des emplois qui n’offrent pas de régime de pensions, ce qui contribue au fait qu’ils doivent prolonger leur activité professionnelle au-delà de l’âge habituel de la retraite, précise le spécialiste des migrations

Selon Statistique Canada, près de 25 % des immigrants qui doivent continuer à travailler après 65 ans sont titulaires d’un baccalauréat ou d’un autre diplôme supérieur, comparativement à 17 % des hommes de même niveau académique nés au Canada.

Le rapport souligne par ailleurs que certaines personnes âgées de plus de 65 ans qui sont encore sur le marché du travail ont moins souvent accès aux transferts gouvernementaux que la population en général. De plus, elles ont moins tendance à cumuler assez d’années de travail pour se constituer un coussin financier suffisant en vue de la retraite.

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La rédaction