Revenir vers l’humain

Par Alizée Calza | 10 February 2026 | Last updated on 11 February 2026
4 min read
Photo prise à l'occasion du Concours Les conseillers à l'honneur! - 2025. On y voit Richard Cloutier et Marc-André Nantais.
Crédit photo : Simon Patrie

Insomniaque ? Hyperactif ? Voilà le questionnement du jury en découvrant l’engagement titanesque de Marc-André Nantais qui lui vaut le titre de Conseiller le plus engagé dans sa communauté de l’année 2025.

« L’ampleur et la diversité des engagements philanthropiques de Marc-André Nantais ont impressionné le jury. Son implication, sa passion, son dévouement et son impact concret dans la communauté ont unanimement convaincu qu’il mérite amplement son prix. »

Pour le Gestionnaire de portefeuille et représentant de courtier chez Gestion d’actifs 1832, qui consacre plusieurs centaines d’heures par année à des engagements bénévoles et philanthropiques, en plus d’un soutien financier structuré et récurrent, son empathie trouve racine chez sa mère, infirmière de profession, et dans les valeurs transmises par ses parents. Son père, seul universitaire d’une fratrie de sept enfants, lui a montré que l’éducation peut transformer une vie.

Marc-André Nantais avait donc à cœur de poursuivre des études universitaires. Il choisit HEC Montréal, où il intègre rapidement le Fonds de placement étudiant HEC, qu’il décrit comme une véritable école de finance appliquée, mais surtout un réseau intergénérationnel qui, selon lui, a marqué un tournant dans son parcours.

« Ça m’a inspiré à développer une rigueur intellectuelle et financière qui m’habite encore », témoigne-t-il.

Il entre dans le monde institutionnel par la grande porte, aux côtés de gestionnaires majeurs. Il effectue ainsi un stage à New York chez Goldman Sachs, auprès de l’équipe Equity Sales & Trading. « C’était une véritable immersion dans le cœur battant des marchés mondiaux », assure-t-il.

Il passe ensuite près de 15 ans entre New York et Toronto. « Ce fut l’école de l’exigence, de la discipline intellectuelle, du marché en temps réel », décrit-il.

Après cette longue décennie, un besoin résonne en lui : revenir vers l’humain. « La gestion privée m’offrait la possibilité de mettre mon expérience au service de familles, de transmettre, d’éduquer, d’accompagner. Quinze ans de marché institutionnel pour apprendre, la suite pour transmettre », résume-t-il.

« Mon premier contact réel avec le bénévolat et l’action communautaire est d’abord né d’un mouvement naturel vers le collectif », raconte celui qui a notamment participé à la création de Jeunes Canadiens en finance (YCIF) à New York aux côtés de Paul Desmarais III.

« J’ai eu la chance d’être exposé à la philanthropie par l’exemple », poursuit-il en soulignant le rôle déterminant de Paul Desmarais III, qui lui a ouvert les portes de grandes institutions culturelles et artistiques.

« [C’est] avec lui que j’ai assisté à mes premières levées de fonds. Ce n’était pas mon univers d’origine. Mais j’y ai découvert quelque chose d’essentiel : donner rassemble, donne du sens, et crée des liens. »

Avec le temps, il dit avoir pris conscience de la chance de travailler dans un milieu privilégié et a voulu en faire plus qu’une simple réussite personnelle. « Aujourd’hui, ma philanthropie n’est plus un geste ponctuel, c’est une priorité réfléchie. J’appuie des causes alignées sur mes valeurs, sur ce que je souhaite voir dans la communauté, sur l’impact que j’aimerais laisser. »

Bien qu’impliqué dans un grand nombre de causes, Marc-André Nantais ne se disperse pas, s’impliquant activement dans les comités et les campagnes clés.

Pour sélectionner les causes qu’il soutient, il s’appuie sur son histoire personnelle, ses valeurs et les institutions qui ont « façonné sa vie ». « J’aime contribuer personnellement, de manière tangible, mesurable et assumée. Aider sans me cacher derrière un cadre impersonnel. »

Structuré autour de quatre grands piliers — l’éducation, la santé, la diversité et l’inclusion ainsi que la culture — ses engagements ont tous une résonance personnelle.

Ancien de HEC Montréal, il lui paraît naturel de s’y impliquer. Cette année, son projet phare a été la campagne de financement pour le 30anniversaire du Fonds de placement étudiant de HEC. « C’est l’aboutissement de près de 30 ans d’histoire, de transmission et de mobilisation. Ce que le Fonds nous a donné, nous le redonnons pour que d’autres puissent faire mieux que nous. »

Côté santé, l’influence de sa mère, qui a travaillé à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’a mené à soutenir cet établissement, notamment par le biais du comité de Montréal Passion Vin.

Il se dit particulièrement sensible aux questions de diversité et d’inclusion, ce qui explique son implication dans ce domaine qu’il soutient par du mentorat, de la mobilisation et un appui philanthropique ciblé : « l’équité des chances ne devrait pas être un privilège, mais un droit ». Quant à la culture, il y voit « ce qui nous raconte, nous rassemble, nous distingue ».

Comme il l’explique, sa motivation repose sur une conviction claire : « Je veux donner de mon vivant autant, sinon plus, que ce que je léguerai à ma mort. »

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Alizée Calza

Alizée Calza est rédactrice en chef adjointe pour Conseiller.ca et pour Finance et Investissement.