5 conseils pour les futurs parents

Par Nathalie Savaria | 20 May 2025 | Last updated on 16 May 2025
5 min read
Les parents joyeux jouant avec leur petite fille sur le sol à la maison.
Nazar Rybak / iStock

L’arrivée d’un bébé chamboule bien des aspects de la vie, notamment les finances. Pour mieux s’y préparer, Roxane Beaupré, directrice de succursale chez TD Canada Trust, partage cinq conseils pratiques à l’intention des futurs parents.

  1. ÉTABLIR UN BUDGET

Spécialiste en finances et elle-même maman de trois jeunes enfants, Roxane Beaupré est bien placée pour savoir ce que l’arrivée d’un bébé implique. Pour éviter les tracas financiers, elle recommande aux futurs parents de se préparer. Et tout commence par une étape clé : établir un budget.

« Idéalement, il vaut mieux le faire avant même d’entamer le projet d’avoir un enfant. Évidemment, on a parfois de belles surprises et ce n’est pas toujours possible, mais il n’est jamais trop tard pour pouvoir le faire », rassure-t-elle.

Cette étape est d’autant plus cruciale qu’un récent sondage de la TD sur l’amour et l’argent révèle que 54 % des Québécois ne prévoient aucun budget mensuel en couple.

Au Québec, rappelle Mme Beaupré, les parents ont accès au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) qui verse des prestations aux nouveaux parents pour leur permettre de cesser temporairement de travailler à l’arrivée d’un nouvel enfant. Celles-ci ne couvrent cependant qu’un pourcentage des revenus.

L’établissement d’un budget permet donc de planifier les dépenses afin de mieux gérer la diminution de revenu liée au congé parental. 

  • SE PRÉPARER À UNE BAISSE DES REVENUS

Alors que les revenus baissent, les dépenses vont quant à elles augmenter, ne serait-ce que pour l’achat de matériel, comme le lit de bébé, la poussette, le siège d’auto, sans compter les vêtements, les couches, les lingettes, le lait, etc.

« La facture peut monter très vite. Il est préférable de s’y prendre d’avance et d’avoir un plan d’épargne établi », souligne Mme Beaupré.

Celle-ci suggère aux futurs parents d’explorer différentes options d’épargne pour se préparer financièrement à l’arrivée de bébé, avec l’aide d’un conseiller qui pourra évaluer les solutions les mieux adaptées à leur situation. 

« On peut profiter du Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) pour faire des cotisations préautorisées pour pallier la baisse de revenus, une fois que l’enfant est né, puis se servir de notre CELI pour pouvoir financer notre rythme de vie pour qu’il n’y ait pas trop d’impact financier, sans s’endetter, évidemment. »

  • ÉPARGNER POUR LES DÉPENSES IMPORTANTES

Au-delà de la période de congé parental, il faut également prévoir les dépenses futures liées à l’enfant, comme la voiture, le logement, la garderie, l’école, etc. Encore une fois, Mme Beaupré suggère aux futurs parents de se faire accompagner par un conseiller pour les aider à élaborer une planification financière avec des objectifs à court et à long terme. 

« Chaque couple, chaque futur parent a une situation financière bien différente. C’est donc important de consulter un spécialiste pour voir quelle stratégie s’accorde le mieux à sa situation. »

  • AVOIR UNE DISCUSSION AVEC SON PARTENAIRE

En outre, il est essentiel de discuter avec son partenaire dès que le projet d’avoir un bébé en est encore à ses balbutiements, afin d’aborder la répartition des dépenses avant et après la naissance. 

Cette discussion est d’autant plus importante, car selon le même sondage de la TD évoqué précédemment, près des deux tiers (63 %) des Québécois disent se chicaner avec leur partenaire à propos de l’argent.

Par conséquent, il est important de clarifier certains points comme qui paiera quoi, comment seront partagés les frais liés au bébé et comment se répartira le congé parental.

Cela étant dit, la directrice de succursale le répète, « il n’est jamais trop tard pour en parler, même si on est déjà enceinte, à un stade très avancé, ou encore même si on a déjà accouché de son bébé », souligne-t-elle.

  • PRENDRE EN COMPTE LA CHARGE MENTALE 

Finalement, il ne faut pas ignorer la charge mentale que représente la venue d’un enfant, qu’il s’agisse d’un accouchement ou d’une adoption. Et si on ne s’y est pas pris d’avance sur le plan financier, celle-ci peut s’accentuer.

« Si on a mal budgété, si on n’a pas eu la chance de s’asseoir avec son conjoint avant, c’est sûr que les finances peuvent devenir une vraie charge mentale. Qui paye les comptes ? À quel moment ? Qui va assumer justement la diminution de salaire ? Est-ce qu’on va la répartir entre les deux partenaires ? Est-ce que c’est seulement un partenaire qui va prendre la baisse de salaire ? », illustre-t-elle.

Les nouveaux parents doivent veiller à leur santé physique et mentale, car la fatigue et le stress sont fréquents après l’arrivée d’un bébé. Outre la mise en place d’un réseau de soutien efficace, un professionnel financier peut contribuer à alléger les préoccupations et à mieux se concentrer sur son bien-être personnel. 

QUELQUES TRUCS POUR ÉPARGNER

En plus de ces cinq conseils, Mme Beaupré recommande aux futurs parents de discuter de la taille de la famille le plus tôt possible.

« Ça devrait faire partie des discussions de couple au départ, de dire bon, quelle est notre vision d’une vie qui nous convient ? C’est quoi, nos projets ? etc. »

Après chaque enfant, elle conseille également au couple de se repositionner, puis d’en discuter afin de savoir s’il en veut un deuxième, un troisième, un quatrième enfant, etc.

Par ailleurs, pour pouvoir épargner en tant que futurs et nouveaux parents, il est possible d’acheter des articles de seconde main sur les plateformes en ligne.

« C’est bon pour l’environnement et c’est bon pour le portefeuille », fait-elle valoir.

Elle suggère aussi de voir si des amis ou des membres de la famille peuvent nous prêter des objets. Certaines bibliothèques locales disposent également d’une joujouthèque où on peut emprunter des jouets.

EN CAS DE SÉPARATION…

Même avec une planification minutieuse, une séparation demeure une éventualité qui peut mettre à mal les finances parentales. Roxane Beaupré recommande, si besoin est, de consulter un professionnel, tel qu’un notaire, pour obtenir des conseils avisés.

À ce sujet, mentionnons que le nouveau régime d’union parentale entrera en vigueur à partir du 30 juin prochain. Son but premier est d’offrir une sécurité aux enfants en cas de séparation des parents vivant en union de fait.

Selon la Chambre des notaires du Québec, « [l] es couples en union de fait qui auront ou adopteront un enfant à partir du 30 juin 2025 seront automatiquement assujettis au nouveau régime d’union parentale. Le régime d’union parentale ne s’applique pas aux conjoints de fait sans enfant ou dont les enfants communs sont tous nés ou adoptés avant cette date ».

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Nathalie Savaria

Nathalie Savaria a été rédactrice en chef de magazines dans le domaine de l’immobilier commercial. Elle est aujourd’hui journaliste indépendante.