Anxiété financière : les Québécois toujours sous pression

Par La rédaction | 16 May 2025 | Last updated on 15 May 2025
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Une fille recroquevillée dans un coin, autour d'elle des ombres de mains et de bras semblent vouloir la happer.
bsd555 / iStock

Une majorité de Québécois (85 %) souffrent d’anxiété financière, avec près de la moitié (46 %) qui est touchée à des niveaux modérés à extrêmes, selon la cinquième mesure de l’indice d’anxiété financière publiée par Centraide du Grand Montréal en collaboration avec Léger.

L’étude, menée auprès de 2001 Québécois en février-mars 2025, révèle une légère baisse du score moyen d’anxiété financière, qui passe de 40,5 en 2024 à 39,8 cette année. Toutefois, certains groupes demeurent particulièrement affectés par ce phénomène, notamment :

  • les parents (63 %),
  • les ménages dont le revenu familial est inférieur à 50 000 $ (55 %)
  • et les travailleurs (54 %).

Paradoxalement, même les personnes ayant une situation financière jugée adéquate sont nombreuses à craindre les imprévus : 61 % redoutent une dépense importante non planifiée et 58 % s’inquiètent pour leur retraite.

UN PESSIMISME CROISSANT
Les inquiétudes concernant l’économie sont en hausse. Plus de la moitié (55 %) des répondants anticipent une détérioration de la situation économique au cours des six prochains mois, comparativement à 41 % en 2024. Cette perception est également liée à un sentiment général d’instabilité : une personne sur deux affirme ressentir de l’anxiété en pensant à ses finances, et un tiers préfère ne pas y penser du tout.

« Les Québécois s’inquiètent de plus en plus pour l’avenir », observe Claude Pinard, président et directeur général de Centraide du Grand Montréal. Ce climat d’incertitude alimente les préoccupations déjà bien ancrées, particulièrement chez les personnes et familles en situation de précarité, selon lui.

Le rapport documente également des manifestations physiques et psychologiques liées au stress financier. Ainsi, 52 % des personnes anxieuses disent souffrir de troubles du sommeil, 49 % ont du mal à se concentrer et 41 % vivent des tensions ou conflits dans leur foyer. Bien que l’indice moyen d’anxiété soit légèrement en baisse, ces symptômes demeurent fortement répandus et traduisent une pression constante sur le bien-être personnel et familial.

ALIMENTATION EN TÊTE DES PRÉOCCUPATIONS
Sans surprise, les dépenses essentielles demeurent la source principale d’inquiétude. Bien qu’en légère baisse, l’alimentation reste le poste le plus préoccupant à 6,0 (comparativement à 6,5 en avril 2024), suivie par le logement (5,8) et l’épargne (5,7).

Plus d’un locataire sur cinq (22 %) craint une éviction, une proportion qui grimpe à 46 % chez les nouveaux arrivants et 43 % chez les personnes vivant avec une limitation fonctionnelle.

Par ailleurs, 22 % de la population déclare vivre une forme d’insécurité alimentaire, une réalité encore plus marquée chez les familles monoparentales (52 %).

RESSOURCES COMMUNAUTAIRES SOUS-UTILISÉES
L’indice d’anxiété financière de Centraide est composé de trois catégories de variables : la situation financière et familiale des répondants, leur niveau de connaissances financières et leurs préoccupations envers divers aspects financiers.

En publiant ces données, Centraide souhaite outiller les organismes communautaires pour mieux cibler les besoins des populations vulnérables, souligne Sébastien Dallaire, vice-président exécutif chez Léger.

Bien que les ressources communautaires soient jugées utiles par ceux qui les utilisent, leur taux d’utilisation reste relativement faible : 9 % des répondants ont recours à des conseils financiers, 7 % à des services de soutien psychologique ou à des repas gratuits.

Parmi les bénéficiaires, 93 % jugent les repas gratuits utiles, mais seuls 34 % estiment que ces programmes les aident réellement à mieux gérer leur anxiété financière.

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La rédaction