Arguments en faveur d’une baisse des taux en mars

Par James Langton | 26 February 2025 | Last updated on 25 February 2025
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Un homme tenant des ciseaux coupant un signe de pourcentage.
erhui1979 / iStock

Entre les signes récents de résurgence de l’inflation et les chiffres solides de l’emploi, la perspective d’une nouvelle réduction des taux d’intérêt par la Banque du Canada le mois prochain s’estompe peut-être, mais les économistes de la Financière Banque Nationale (FBN) maintiennent qu’il y a encore des raisons pour que la banque centrale réduise à nouveau ses taux en mars.

Dans un nouveau rapport, la FBN indique que les probabilités d’une réduction des taux en mars ont considérablement diminué au cours des trois dernières semaines.

« La réévaluation est attribuable à un sursis tarifaire (temporaire), à des éléments plus fermes dans le rapport sur l’IPC de janvier et à des données sur l’emploi étonnamment solides », explique la FBN.

Par exemple, les dernières données sur l’inflation pour le mois de janvier ont révélé une augmentation des pressions sur les prix. Bien que le taux annuel global ne soit encore que de 1,9 %, il s’agit d’une augmentation par rapport au mois précédent, et les détails des données ont mis en évidence certains signes sous-jacents d’inflation.

Dans le même temps, les dernières données sur l’emploi de Statistique Canada, qui ont été marquées par 76 000 créations nettes d’emplois en janvier, témoignent également de la solidité du marché du travail.

« Naturellement, ces développements rendent les prévisions d’une réduction de 25 [points de base] le mois prochain plus incertaines, mais il y a encore des raisons convaincantes de s’attendre à une réduction », selon la FBN.

En ce qui concerne l’inflation, la Banque du Canada a indiqué qu’elle se concentrait sur « l’ampleur de l’inflation sur 12 mois ». « Si l’on considère l’inflation sous cet angle, le rapport de janvier ne change pas grand-chose. »

Pour ce qui est de la vigueur du marché du travail, la FBN note que si les chiffres de l’emploi sont solides, d’autres indicateurs du marché du travail ne sont pas aussi optimistes.

« Les intentions d’embauche restent inférieures aux moyennes historiques, le taux de vacance des emplois est à son plus bas niveau depuis sept ans et d’autres données sur l’emploi indiquent le contraire de [l’enquête de Statistique Canada sur la population active] », indique la FBN.

Dans l’ensemble, ces données ne devraient pas constituer un obstacle aussi important à une baisse des taux que le marché le prévoit actuellement.

« Cela s’explique par le fait que le ralentissement économique persiste au Canada et qu’il pourrait s’accentuer en raison de l’incertitude géopolitique. »

D’ores et déjà, les prévisions de PIB ont été revues à la baisse, dans la perspective d’une nouvelle perturbation des échanges commerciaux.

En effet, la menace d’une augmentation des droits de douane pèse sur l’activité des entreprises, selon le rapport, qui note que les données d’enquêtes récentes auprès des entreprises ont révélé que certaines d’entre elles ont retardé leurs investissements en raison de l’incertitude commerciale accrue, et que d’autres « retardent ou annulent leurs plans d’expansion et/ou réduisent leurs effectifs (ou du moins envisagent de le faire) ». 

Les ménages sont également touchés, selon le rapport, qui note que la faiblesse récente de l’activité de revente de logements est liée à l’incertitude commerciale.

En d’autres termes, les arguments en faveur d’une « réduction d’assurance » restent valables, permettant aux décideurs politiques d’amortir le choc de l’incertitude tarifaire et, potentiellement, des tarifs eux-mêmes, observe la FBN.

Le rapport reconnaît que la banque centrale devra changer son fusil d’épaule si des preuves plus convaincantes de l’inflation, de la vigueur de l’économie et de la robustesse du marché du travail apparaissent. Mais « pour l’instant, la Banque du Canada penche vers une attitude dovish, susceptible d’errer du côté de l’accommodement en cas d’incertitude ». « Nous ne sommes pas convaincus que les données récentes aient complètement changé la donne, d’autant plus que l’incertitude pourrait étouffer toute reprise économique naissante. »

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.