C2MTL : pour réfléchir autrement, bâtir ensemble et agir concrètement

Par Richard Cloutier | 2 May 2025 | Last updated on 1 May 2025
5 min read
Une photo de Martine St-Victor.
Martine St-Victor – 2025. (Photo : Richard Cloutier).

Plus de 100 experts venus des quatre coins du monde prendront part aux plus de 40 conférences, labs et séances de coaching de la 14e édition de C2MTL.

Cet important événement d’affaires qui se présente comme un forum pour l’entrepreneuriat, l’innovation et la créativité, se tiendra au Grand Quai du Port de Montréal du 20 au 22 mai 2025, sous la thématique En mouvement : l’art d’agir. « Un sujet qui traduit la vision de C2MTL : avancer avec audace, transformer l’incertitude en opportunité et créer l’avenir avec intention », explique-t-on.

Considérant le contexte marqué par l’incertitude, les bouleversements sociaux et environnementaux que nous connaissons, C2MTL a choisi de présenter une programmation « ancrée dans les enjeux actuels et avec des pistes concrètes pour y répondre », indique Anick Beaulieu, présidente de C2 Montréal.

C2MTL a ainsi structuré sa programmation autour de trois journées, chacune dédiée à une thématique clé : l’expérientiel, la durabilité et les technologies transformatrices.

Les conférenciers vont donc « explorer les grandes mutations de notre époque : nos modes de consommation, nos formes de divertissement, notre vie en société et notre relation toujours plus intime avec la technologie. C2 Montréal réunit les fondateurs, les créateurs et bâtisseurs qui voient grand, pensent vite et agissent avec audace », ajoute Anick Beaulieu.

Bien que C2MTL ne s’adresse pas spécifiquement aux conseillers de l’industrie financière, ceux-ci y trouveront aussi leur compte, affirme-t-elle. « Lorsque tu es conseiller, que tu as des entrepreneurs ou des entreprises comme clients, il faut bien comprendre ce qui se passe globalement dans le monde des affaires. Voir où il y a des occasions, des défis, et quelles sont les grandes tendances. Voir également quels sont les liens entre les différents secteurs d’opération. C2 Montréal, c’est vraiment une bonne façon de se mettre à jour et de mieux comprendre son client et sa réalité. »

De même, quelques conférences intéresseront plus directement les personnes évoluant dans le secteur financier, assure-t-elle.

C’est le cas de « Transformer l’incertitude en mouvement national », où John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction de la Banque Royale du Canada, s’entretiendra avec Harley Finkelstein, président de Shopify, au sujet de la compétitivité du Canada dans le contexte actuel.

Également, la présentation « Détermination, innovation et obsession client : les moteurs du changement » amènera Malik Yacoubi, président et co-fondateur de Nesto, à raconter comment, dans un secteur conventionnel comme celui des prêts hypothécaires, il est parvenu à développer et implanter une proposition de valeur qui est complètement différente.

BAROMÈTRE DE CONFIANCE

C2MTL sera aussi l’occasion pour ses participants d’en apprendre davantage sur les thèmes qui nourrissent l’édition 2025 du Baromètre de confiance Edelman, ainsi que la perspective québécoise de cet exercice mené depuis 25 ans par Edelman, un cabinet de communication créé en 1952 qui compte aujourd’hui 60 bureaux répartis à travers le monde.

Le Baromètre de confiance Edelman est né à la suite des importantes manifestations qui se sont déroulées à Seattle en novembre 1999 en marge de la troisième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Des manifestations, voire des émeutes, qui ont réuni plus de 40 000 protestataires, rappelle Martine St-Victor, directrice générale du bureau montréalais d’Edelman. « À ce moment, l’équipe d’Edelman s’est dit qu’il faudrait parvenir à mesurer ce qui dérange les gens et à qui ils font confiance », raconte-t-elle, lors d’un entretien avec Conseiller.ca.

Cette année, l’édition canadienne du Baromètre de confiance Edelman révèle « un changement de paradigme profond en faveur des manifestations d’hostilité comme moteur de changement, tandis que la polarisation politique et les peurs croissantes créent un terreau fertile à un sentiment d’injustice généralisé ».

Selon les données récoltées pour cette édition, « nous faisons un peu plus confiance aux médias qu’avant, mais pour moi, pas assez, évoque notamment Martine St-Victor. Les élus ont aussi beaucoup de travail à faire. Nous ne faisons plus confiance au gouvernement. Donc, je ne sais pas quelles leçons vont tirer les partis politiques de la récente élection, mais nous sommes très fragmentés en tant que pays. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de clivages, et moi, en tant que consommatrice, en tant que dirigeante, c’est le genre de choses qui m’inquiète. Il y a un effritement dans la cohésion et je pense qu’on doit porter attention à ça ».

Selon les données récoltées, « les gens font encore confiance à la science, c’est-à-dire aux scientifiques et aux professeurs. Constater que la science et l’éducation demeurent des domaines dans lesquels nous avons le plus confiance, c’est rassurant. Mais en même temps, nous nous trouvons dans un environnement où la science et l’éducation sont attaquées, alors il faut être vigilant et surveiller comment cela évolue », ajoute-t-elle.

Edelman compte cinq bureaux à travers le Canada, et le Canada est le seul pays à produire deux éditions, mentionne Martine St-Victor. « C’est-à-dire, une édition canadienne, mais aussi une édition québécoise, avec des résultats différents. Au Québec, par exemple, nous faisons plus confiance aux institutions, ce qui ne me surprend pas, mais me rassure quand même », illustre-t-elle.

L’édition québécoise du Baromètre de confiance Edelman, qui est produit par le bureau montréalais de la firme, en est à sa 11e édition. Ces données régionales permettent à Edelman « d’élaborer des stratégies personnalisées pour ses clients, qui reflètent les perspectives et les priorités uniques des Québécois et des Québécoises ».

Edelman compte seulement deux bureaux francophones sur la soixantaine établis à travers le monde, précise Martine St-Victor. « Le nôtre et celui de Paris, donc, de garder cette souveraineté linguistique, c’est important », précise-t-elle.

C2MTL se veut une expérience immersive. Plus de 5000 participants venant de plus de 60 pays et plus de 30 industries sont attendus. Outre les différentes conférences, les participants auront l’occasion d’assister à des ateliers immersifs et interactifs, à des performances, à des classes de maître, à des séances de braindate, et à des cocktails de réseautage.

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Richard Cloutier

Richard Cloutier est rédacteur en chef de Finance et Investissement et de Conseiller.ca. Il a été Adm.A. de 1995 à 2012 avant de se consacrer au journalisme. Il a notamment écrit pour La Presse et Les Affaires.