Chute du marché du transfert de risques

Par La rédaction | 21 August 2025 | Last updated on 20 August 2025
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Une flèche accrochée à un parachute. Une illustration d'un Atterrissage économique en douceur
DNY59 / iStock

Les promoteurs de régimes de retraite à prestations déterminées (PD) ont considérablement ralenti leurs activités de transfert de risques au premier trimestre de 2025. Ces transactions auraient chuté d’environ 60 % par rapport à la même période l’an passé, selon Brent Simmons, vice-président principal et chef des Solutions prestations déterminées à la Sun Life. Cette baisse marquée serait liée à un contexte géopolitique tendu et à une volatilité accrue sur les marchés financiers, rapporte Avantages.

Brent Simmons souligne que le recul observé dépasse même l’impact ressenti au début de la pandémie ou durant la crise financière de 2008-2009. Alors que l’an dernier le marché représentait environ 11 milliards de dollars, cette il pourrait se contracter de moitié, selon les données actuelles.

Entre 2007 et 2008, le marché du transfert de risques avait connu une baisse d’environ 14 %. Pendant la pandémie, la baisse aurait été de 15 %, soit de 800 millions de dollars, selon les chiffres d’un nouveau rapport de la Sun Life.

Brent Simmons explique cette diminution par les préoccupations actuelles des promoteurs de régime. Ceux-ci sont davantage concentrés sur les besoins immédiats de leur entreprise en raison du contexte économique.

Alors qu’il semblerait logique de réduire les risques et garantir les prestations aux participants, le temps et l’attention des équipes de direction sont dirigés ailleurs, résume l’expert.

La réduction des risques d’un régime de retraite « est un projet volontaire », souligne Brent Simmons. Et, selon lui, pour le moment, les employeurs préfèrent se concentrer sur leur cœur de métier et n’ont pas la capacité de s’engager dans des projets additionnels.

Le rapport montre également qu’au 31 mars 2025, le rendement des rentes non indexées, à 4,59 %, dépasse celui d’un portefeuille indiciel d’obligations de sociétés de durée équivalente, qui s’élève à 4,41 %. Ce constat est valable avant même de prendre en compte les ajustements liés au risque et aux frais.

Brent Simmons observe également une chute marquée des transferts de risques parmi les promoteurs de régimes dont les prestations sont liées à l’indice des prix à la consommation. Cette baisse s’élèverait à environ 80 % par rapport à 2024.

Selon l’expert les promoteurs de ces régimes se tournent habituellement vers les obligations à rendement réel dans le cadre de leurs stratégies de réduction des risques. Et même si le gouvernement fédéral a cessé d’en émettre de nouvelles en 2023, le marché en compte encore suffisamment pour répondre à la demande.

Il fait toutefois preuve de prudence pour la suite de 2025. Il explique ainsi avoir toujours considéré le second semestre comme une période très chargée en matière de transferts de risques liés aux régimes de retraite. Mais en raison des incertitudes rencontrées cette année, « la réduction des risques pourrait signifier une préoccupation de moins pour les grands promoteurs de régimes », avance Brent Simmons.

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La rédaction