Climat : les caisses de retraite canadiennes prennent des voies opposées

3 February 2026 | Last updated on 2 February 2026
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Un homme face à deux chemins. Le premier menant vers un ciel orageux, l'autre vers un ciel découvert.
mikkelwilliam / iStock

Les grandes caisses de retraite publiques canadiennes divergent de plus en plus dans leur approche de l’action climatique, selon le rapport d’un groupe de pression publié le 28 janvier.

Shift : Action for Pension Wealth and Planet Health indique dans son classement annuel que La Caisse, au Québec, le deuxième plus grand fonds de pension, affiche les meilleurs résultats, tandis que Investissements RPC, la plus grande caisse qui gère les fonds du Régime de pensions du Canada, est à la traîne.

« Ils ont pris des directions totalement différentes », souligne Adam Scott, directeur de Shift, lors d’une entrevue.

La Caisse a montré la voie parmi les caisses de retraite publiques canadiennes en réaffirmant ses engagements en matière de climat et en publiant une stratégie climatique quinquennale complète qui comprend un objectif de 400 milliards de dollars (G$) d’investissements dans l’action climatique d’ici 2030.

Investissements RPC, quant à elle, a abandonné son objectif de carboneutralité l’année dernière, continue d’investir dans les infrastructures liées aux énergies fossiles et ne parle plus de l’engagement de 130 G$ en faveur des actifs verts et de transition qu’elle avait pris en 2024, rapporte Adam Scott.

« Le RPC est vraiment un cas particulier cette année », indique-t-il.

« Ce que nous avons vu dans le passé, c’est que les fonds de pension s’amélioraient progressivement, certains plus que d’autres. […] Cette année, le Régime de pensions du Canada a fait un pas en arrière assez considérable. »

Le fonds de pension avait auparavant une stratégie d’investissement climatique qui n’est plus visible, et il est possible que le fonds ait également changé son approche dans d’autres domaines liés au changement climatique, ajoute-t-il.

« Nous n’en sommes pas certains, car ils ont cessé d’en parler. »

Investissements RPC n’a pas répondu à une demande de commentaires sur le rapport.

UN CONSTAT QUI S’AJOUTE À UNE POURSUITE

Investissements RPC, qui gérait 777,5 G$ d’actifs pour le compte de 22 millions de Canadiens au 30 septembre, a fait l’objet d’une poursuite distincte en octobre dernier pour ne pas avoir suffisamment pris en compte les risques climatiques.

Le fonds de pension a répondu à la poursuite en affirmant qu’il restait fermement déterminé à intégrer les considérations liées au climat dans ses investissements. 

Les critiques à l’encontre du fonds interviennent dans un contexte de changements géopolitiques importants. Le gouvernement fédéral a intensifié ses efforts pour développer les exportations de combustibles fossiles, notamment par l’intermédiaire du gaz naturel et d’un éventuel nouvel oléoduc, dans le but de renforcer la sécurité nationale et économique.

Adam Scott observe que, même si le président américain Donald Trump a mis des bâtons dans les roues de la transition énergétique, la tendance mondiale à la décarbonisation se poursuit. 

Il ajoute qu’il était important que les caisses de retraite se projettent à plus long terme, comme le fait La Caisse, en incitant toutes les entreprises dans lesquelles elle investit à mettre en place un plan de transition crédible.

« Cela signifie simplement que si vous investissez dans quelque chose, vous devez être certain que cet investissement est bien placé pour réussir à mesure que cette transition se poursuit. »

Shift souligne que d’autres caisses de retraite canadiennes à la pointe des efforts en matière de climat comprennent University Pension Plan (UPP), Investment Management Corporation of Ontario (IMCO), le Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS) et le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO).

Le fonds de pension le moins bien classé dans le rapport est l’Alberta Investment Management Corporation (AIMCo), dont le rapport annuel 2024 ne mentionnait pas le changement climatique et qui n’a publié aucune information financière liée au climat en 2024 ou 2025.

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