Confidentialité des plaintes dans l’intérêt public

Par James Langton | 21 October 2025 | Last updated on 20 October 2025
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Homme d’affaires tenant un masque devant son visage.
rudall30 / iStock

Le Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario (CIP) a confirmé la décision de l’Autorité ontarienne de réglementation des services financiers (ARSF) de ne pas divulguer l’identité d’un plaignant à l’origine d’une plainte ayant mené à une mesure d’application.

Selon la décision du CIP, une entreprise non nommée avait porté en appel le refus de l’ARSF de lui transmettre les documents relatifs à une plainte déposée contre elle, au motif qu’il fallait protéger la vie privée du plaignant.

L’affaire découle d’une plainte reçue par l’ARSF, qui a donné lieu à une enquête sur la conformité de l’entreprise avec les exigences de permis en vertu de la législation sur l’assurance. L’enquête a mené à une lettre d’avertissement ordonnant à la société de cesser toute activité non autorisée dans le domaine de l’assurance.

L’ARSF avait repéré un courriel de cinq pages contenant la plainte originale, mais a refusé de le communiquer à l’entreprise. Cette dernière a soutenu qu’il existait un intérêt public impérieux à connaître l’identité du plaignant, arguant qu’il pourrait s’agir d’un concurrent direct cherchant à exploiter le processus réglementaire à son avantage commercial.

Or, l’arbitre du CIP n’a pas retenu cet argument. Il a jugé qu’une telle divulgation pourrait favoriser, plutôt que prévenir, les abus réglementaires.

« Si l’identité des plaignants devait être rendue publique, les particuliers et les entreprises seraient moins enclins à signaler des inconduites potentielles, ce qui nuirait à la capacité de l’ARSF de remplir efficacement son mandat », indique la décision.

Le CIP a estimé qu’il existe plutôt un intérêt public impérieux à maintenir la confidentialité des identités des plaignants. Il a également souligné que cette information n’apporte aucun éclairage sur les activités ou la reddition de comptes de l’ARSF, ni sur la façon dont l’organisme mène ses enquêtes.

La plainte a simplement conduit à l’ouverture d’une enquête, a précisé le CIP, ajoutant que l’ARSF a mené sa propre investigation indépendante et pris sa propre décision d’application.

« Cela démontre que l’ARSF a exercé ses responsabilités réglementaires de manière indépendante du plaignant », conclut la décision.

En définitive, le CIP a confirmé la décision de l’ARSF et rejeté l’appel, jugeant que la divulgation du courriel constituerait une atteinte injustifiée à la vie privée du plaignant, sans qu’il y ait de justification d’intérêt public pour la lever.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.