Conformité, IA, talents : le triple défi du capital-investissement

Par La rédaction | 23 December 2025 | Last updated on 22 December 2025
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Une main montrant trois doigts.
bloodua / iStock

Entre pénurie de spécialistes, complexité réglementaire et pression technologique, les sociétés américaines et canadiennes de capital-investissement font face à des défis inédits pour demeurer compétitives, révèle une nouvelle étude réalisée pour Ocorian.

Selon l’étude, près de 75 % des entreprises de capital-risque et de capital-investissement de taille moyenne considèrent que les enjeux de conformité liés à la cybersécurité, notamment la protection des données, constitueront le principal défi technologique pour leur organisation au cours des deux prochaines années.

De plus, 60 % signalent des difficultés d’adaptation à la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) et à son utilisation dans le respect des exigences de conformité.

PRESSIONS SUR LES RH ET COMPLEXITÉ RÉGLEMENTAIRE

L’étude, menée auprès de cadres supérieurs américains et canadiens de ces sociétés gérant 335,25 milliards de dollars d’actifs, a analysé leur perception des nouvelles contraintes en matière de technologie et de ressources humaines.

Ainsi, 61 % des participants estiment que le recrutement et la rétention de professionnels qualifiés en conformité, ainsi que la complexité réglementaire des juridictions offshore, représenteront les principaux enjeux en RH pour leurs organisations au cours des deux prochaines années.

COÛTS ÉLEVÉS DES TECHNOLOGIES ET DES RESSOURCES

D’un point de vue technique, 58 % des personnes interrogées estiment que l’intégration des nouvelles technologies aux infrastructures existantes est le principal défi à surmonter.

À ce sujet, 53 % des répondants citent le coût associé aux technologies de conformité, tandis que 52 % mettent en avant la nécessité de répondre aux exigences réglementaires concernant l’infrastructure numérique.

Par ailleurs, 45 % des répondants considèrent le coût des ressources internes de conformité comme un défi majeur lié aux ressources humaines pour leur entreprise.

D’après l’étude, 26 % affirment que le recours à des conseils externes constituera le principal défi pour leur entreprise.

Pour 49 % des répondants, la réputation du secteur est le facteur le plus important dans le choix des prestataires externes de conformité ou de soutien technologique.

ÉVOLUTION RAPIDE DU CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE

Selon Howard Nurtman, responsable de la réglementation et de la conformité aux États-Unis pour les solutions de fonds chez Ocorian, le secteur du capital-risque et du capital-investissement est confronté à une évolution réglementaire sans précédent. Il souligne que la cybersécurité et la gouvernance de l’IA ne sont plus de simples enjeux émergents : « elles sont bien présentes, complexes et exigent une expertise pointue ».

Howard Nurtman met en lumière le fait que, malgré des investissements importants dans les technologies, la pression demeure élevée sur les équipes de conformité. Celles-ci sont surchargées, le recrutement demeure difficile et les exigences réglementaires, notamment transfrontalières, continuent de s’intensifier.

D’après lui, les entreprises réalisent progressivement que la solution ne réside pas uniquement dans la mise en place d’outils technologiques, mais également dans l’expérience et la compétence des professionnels.

« Il n’est pas surprenant que la réputation et l’expérience en matière de conformité réglementaire priment désormais sur le coût lors du choix de partenaires externes. Dans un contexte plus rigoureux, les gestionnaires privilégient les prestataires capables de démontrer leur crédibilité, leur aptitude à l’intégration et leur parfaite maîtrise de la réglementation. L’externalisation n’est plus seulement une solution économique, mais aussi, entre autres, une stratégie pour renforcer la résilience », conclut-il.

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La rédaction