Crédit : les travailleurs à la demande encore mal évalués

Par La rédaction | 12 June 2026 | Last updated on 11 June 2026
3 min read
Personne dubitative, les mains sur les hanches, choisissant la voie à suivre sous la forme de plusieurs flèches sur la route indiquant un ensemble de directions différentes. Choisir la bonne voie, concept de décision difficile, symbole de confusion.
Fatcamera / iStock

Les modèles traditionnels d’évaluation du crédit sous-estiment souvent la situation financière réelle des travailleurs à la demande, un segment en forte croissance de la main-d’œuvre canadienne, selon une étude de TransUnion.

L’économie à la demande regroupe les emplois effectués sous forme de mandats à court terme, de tâches ponctuelles ou de projets, généralement facilités par des plateformes numériques.

Selon l’étude intitulée « The Gig Economy in Canada: Rethinking Credit Risk, Inclusion, and Market Opportunity », ces travailleurs représentent environ 11 % de la main-d’œuvre canadienne. Pourtant, les modèles de crédit traditionnels évalueraient souvent mal leur profil financier, créant ainsi un décalage entre leur situation réelle et la perception du risque qu’ils présentent.

Présentée lors du Sommet 2026 sur les services financiers au Canada de TransUnion, l’étude montre que le travail à la demande sert souvent de complément à un emploi principal :

  • 63 % des répondants occupent également un emploi salarié ;
  • près de quatre travailleurs sur dix (39 %) déclarent gagner entre 1 000 $ et plus de 4 000 $ par mois après dépenses ;
  • les millénariaux constituent le groupe le plus représenté (34 %), suivis de la génération X (27 %) et de la génération Z (17 %).

Les travailleurs à la demande affichent également un intérêt marqué pour le crédit :

  • 35 % ont demandé un nouveau crédit ou un refinancement au cours des six derniers mois ;
  • 36 % prévoient en faire la demande au cours de la prochaine année, comparativement à 22 % de l’ensemble des consommateurs actifs sur le plan du crédit.

Globalement, leur détention de produits de crédit traditionnels est comparable à celle du marché, avec une présence plus forte dans les prêts hypothécaires (34 % contre 29 %) et les prêts personnels (22 % contre 11 %). Selon l’étude, cela indique que le revenu tiré du travail à la demande soutient à la fois des projets importants, comme l’accession à la propriété, et des besoins de liquidités.

DES PROFILS DE CRÉDIT COMPARABLES

De façon générale, les profils de crédit des travailleurs à la demande ressemblent à ceux de l’ensemble du marché, bien que certains sous-groupes soient davantage exposés à des pressions financières.

Parmi les répondants, 68 % se situent dans les catégories de risque préférentielles et supérieures, contre 73 % dans l’ensemble de la population active sur le plan du crédit. La majorité (64 %) dit payer sans difficulté, mais 36 % signalent des problèmes de paiement, contre 22 % dans la population en général.

Ces résultats appuient une évaluation plus individualisée que fondée uniquement sur le type d’emploi, mentionne l’étude.

DES OBSTACLES PERSISTANTS

Par ailleurs, près de la moitié des travailleurs à la demande disent rencontrer des difficultés lorsqu’ils présentent une demande de crédit. Les taux varient selon les générations :

  • Génération Z : 57 %
  • Génération Y : 47 %
  • Génération X : 63 %
  • Baby-boomers : 38 %

Leurs difficultés sont causées par divers obstacles :

  • 46 % mentionnent des processus de demande complexes ;
  • 44 % soulignent des prix ou des conditions défavorables ;
  • 44 % disent que la variabilité de leurs revenus a suscité des questions ou a entraîné un refus ;
  • et 24 % n’ont pas pu fournir de documents standard tels que des fiches de paie.

UNE COMPOSANTE DURABLE DU REVENU

D’après TransUnion, le travail à la demande n’est plus seulement une solution temporaire, mais une composante durable du revenu des ménages. En effet,

  • 71 % des travailleurs à la demande n’envisagent pas d’abandonner ce type de travail à court terme ;
  • 34 % ont l’intention de maintenir leurs heures actuelles, tandis que 20 % prévoient une augmentation de leur participation.

Cela devrait inciter les prêteurs à mieux tenir compte de cette réalité dans leurs stratégies d’évaluation et d’inclusion.

Réalisée en mars 2026 auprès de 500 travailleurs à la demande, l’étude analyse leur contribution à l’économie canadienne et les possibilités qu’ils offrent aux prêteurs. Les conclusions s’appuient sur les déclarations des participants et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction