Crédit privé, actifs réels, capital d’investissement : le non traditionnel gagne du terrain

Par La rédaction | 13 August 2025 | Last updated on 12 August 2025
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Un dessin d'une flèche qui se divise en trois. Chaque pointe amène à une tirelire d'une couleur différente. Celle de gauche est verte, celle du haut est rose et celle de droit est bleue.
Dragon Claws / iStock

Fini le temps où il fallait débourser 5 millions de dollars pour accéder aux placements privés. Cette barrière financière, qui excluait la majorité des investisseurs canadiens des marchés alternatifs, s’effrite rapidement. Aujourd’hui, un placement initial de 25 000 $ suffit pour explorer cet univers jusqu’alors élitiste, selon Meric Koksal, directrice générale et chef, Produits chez Gestion d’actifs CIBC.

Dans un épisode du balado Conseils Intelli, produit par CIBC, l’experte explique que ce changement structurel reflète une tendance de fond : la contraction des marchés publics et la volonté des entreprises de rester privées plus longtemps.

Les placements non traditionnels comprennent notamment le capital d’investissement, le crédit privé et les actifs réels. « Ils offrent d’excellents avantages aux clients en raison du potentiel de revenu et de rendement plus élevé, sans introduire de risque supplémentaire dans le portefeuille, tout en offrant une certaine couverture contre l’inflation », affirme-t-elle.

LES TROIS PILIERS DU CRÉDIT PRIVÉ
Le capital d’investissement donne accès à la propriété de sociétés privées, soit par des fonds de capital de risque pour les jeunes pousses, soit par des fonds de croissance pour les entreprises matures. Un fonds peut par exemple prendre une participation importante dans une entreprise, la restructurer, puis la revendre ou l’introduire en bourse, illustre Meric Koksal.

Le crédit privé constitue quant à lui un pilier à la croissance. Il s’agit de prêts directs à des entreprises qui ne passent pas par les canaux bancaires traditionnels. Les exemples vont de la construction de stades à l’expansion de réseaux de concessionnaires automobiles. Ces placements procurent souvent un revenu mensuel stable, ce qui les rend attrayants, notamment pour une clientèle en quête de revenus.

Enfin, les actifs réels regroupent les investissements dans des infrastructures comme les routes et les aéroports, ou dans les ressources naturelles telles que le bois d’œuvre ou l’agriculture. Ces actifs génèrent souvent un revenu indexé à l’inflation et sont moins sensibles aux cycles économiques.

VERS UN PORTEFEUILLE 50-30-20
Alors que la répartition classique d’un portefeuille repose sur un équilibre 60 % actions/40 % obligations, Meric Koksal propose une évolution vers un modèle 50-30-20, où 20 % seraient alloués aux placements non traditionnels. Ce repositionnement vise à renforcer la diversification sans accroître le risque global du portefeuille.

Le capital d’investissement peut se substituer à une partie des actions cotées, tandis que le crédit privé et certains actifs réels peuvent remplacer une portion des titres à revenu fixe, précise-t-elle. L’idée est d’introduire progressivement ces nouvelles classes d’actifs, en commençant par de petites allocations, tout en bénéficiant de l’expertise de gestionnaires reconnus.

DES MYTHES EN VOIE DE DISPARITION
Les placements non traditionnels souffrent encore de plusieurs idées reçues. Certains les croient réservés aux ultrariches et aux institutions. Ils sont opaques ou peu liquides. Selon Meric Koksal, ces perceptions ne sont plus fondées. Les nouvelles structures offrent des évaluations mensuelles de la valeur des actifs, des rapports détaillés, ainsi qu’une certaine flexibilité avec des liquidités trimestrielles, bien que ces placements restent conçus pour le long terme.

Ce ne sont plus des « boîtes noires ». Les investisseurs ont désormais accès à des informations claires, des outils de suivi performants et une transparence accrue. « Ce mythe selon lequel les placements non traditionnels manquent de transparence n’est plus vrai », insiste-t-elle.

UN OUTIL POUR LE TRANSFERT INTERGÉNÉRATIONNEL
Dans un contexte de transfert de patrimoine évalué à plusieurs milliards de dollars au Canada d’ici 2026, les placements non traditionnels peuvent aussi jouer un rôle stratégique dans la planification multigénérationnelle. Leur horizon à long terme et leur potentiel de rendement les rendent adaptés aux objectifs des familles souhaitant investir pour les générations futures.

Les jeunes investisseurs, avec une plus grande tolérance au risque, peuvent tirer pleinement parti de ces produits à long terme, note Meric Koksal. Elle ajoute que le soutien des conseillers demeure essentiel pour évaluer le profil d’investisseur, les besoins de liquidité et les objectifs financiers de chacun.

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La rédaction