Croissance modeste des bénéfices pour les grandes banques

Par James Langton | 16 August 2024 | Last updated on 15 August 2024
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Dans un contexte de ralentissement de l’économie et de niveaux d’endettement des ménages toujours élevés, mais de baisse des taux d’intérêt, les grandes banques canadiennes devraient enregistrer une croissance modeste de leurs bénéfices au cours des deux prochaines années, selon Fitch Ratings.

Dans un nouveau rapport qui passe en revue les grandes banques (et le Mouvement Desjardins), l’agence de notation indique que la politique monétaire toujours stricte, ainsi que les problèmes d’accessibilité au logement, continuent de peser sur la croissance des prêts et le revenu net d’intérêts du secteur.

Bien que les taux d’intérêt soient en baisse, Fitch Ratings estime que, compte tenu du retard de la politique monétaire, « toute relance de l’activité économique est loin d’être acquise ».

« Les dépenses des ménages resteront probablement faibles, au moins jusqu’en 2025, malgré les baisses de taux d’intérêt. Le service de la dette des ménages canadiens représente plus de 15 % du revenu disponible brut et devrait encore augmenter. »

Fitch Ratings prévoit actuellement que la Banque du Canada réduira ses taux à 2,5 % d’ici à la fin de 2026.

À plus long terme, Fitch Ratings prévoit que les grandes banques canadiennes tireront parti d’une forte immigration, ce qui « soutiendra la croissance de la banque de détail, notamment en ce qui concerne les prêts hypothécaires résidentiels et les prêts personnels non garantis. »

Les activités de gestion de patrimoine des banques « bénéficieront probablement du vieillissement de la population canadienne et de la demande croissante de produits de planification patrimoniale et successorale ». De plus, la baisse des taux d’intérêt stimulera l’activité des marchés financiers.

Dans l’ensemble, l’étude prévoit une croissance « modérée » des bénéfices des banques en 2024 et 2025.
« La maîtrise des coûts restera probablement un problème pour les banques en 2024, même si les initiatives de réduction des coûts annoncées seront utiles. L’augmentation des provisions représentera également un défi pour de nombreuses banques, qui devront constituer des réserves dans un contexte d’incertitude économique persistante », indique l’étude.

Au sein du groupe, la Banque Royale devrait continuer à surperformer les autres grandes banques, « grâce à sa position de leader sur le marché et à sa distribution ».

La qualité des actifs des banques reste solide et, bien que le ratio des prêts non productifs ait augmenté au cours des derniers trimestres, Fitch Ratings ne s’attend pas à une « détérioration significative de la qualité des actifs en dehors des niveaux de référence pour aucune des banques en 2024 ou 2025 ».

Les prêts commerciaux accordés à des secteurs plus volatils et soumis à des tensions, tels que le pétrole et le gaz, et l’immobilier commercial de bureau aux États-Unis, « restent très gérables à moins de 1 %-2 % (en moyenne) des prêts bruts pour chaque catégorie d’actifs », observe l’agence de notation.

Les ratios de capital des banques sont également solides, selon Fitch Ratings, qui note « leurs profils de risque conservateurs et leurs modèles d’entreprise diversifiés qui ont conduit à un capital relativement stable ».

Fitch Ratings prévoit que les positions de capital des banques augmenteront légèrement en 2024 et 2025, « en partie grâce à la génération de capital interne, aux pertes de crédit gérables et à la croissance modérée des [actifs pondérés en fonction des risques] ».

« Les faibles dépréciations de prêts et les réserves solides des banques soutiennent également le capital et l’absorption des pertes », indique l’agence.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.