De surplus record à déficit historique : le legs économique de François Legault

Par La rédaction | 15 January 2026 | Last updated on 15 January 2026
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Photo portrait de François Legault.

Alors que le premier ministre François Legault vient d’annoncer sa démission, le moment est venu de faire un bilan de ses deux mandats à la tête du Québec. Bien que le politicien sortant mette de l’avant ses bons coups, la population retient surtout qu’il est passé d’un surplus de 8 milliards de dollars (G$) à un déficit de 14 G$.

Évidemment, la situation est loin d’être entièrement noire. François Legault a aussi réussi plusieurs tours de force qui méritent d’être évoqués. On peut notamment citer l’entente avec Terre-Neuve-et-Labrador sur Churchill Falls et Gull Island.

En effet, François Legault a travaillé fort pour doubler la production d’hydroélectricité d’ici 25 ans. Si ses prévisions s’avèrent exactes, cela pourrait bien être le plus grand legs économique de l’ex-premier ministre, souligne Gérald Fillion dans un article de Radio-Canada.

UN BILAN ÉCONOMIQUE POSITIF ?

En partant, François Legault souhaitait laisser un bilan économique positif à la suite de son passage. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Depuis l’entrée en poste de François Legault, le taux de chômage au Québec n’a que peu évolué. Il était de 5,4 % en septembre 2018 et est retombé à 5,4 % en décembre 2025. Un chiffre stable, surtout comparé à l’Ontario qui a vu son taux de chômage grimper de plus de 2 points de pourcentage dans le même temps pour atteindre 7,9 %, selon les chiffres rapportés par La Presse.

Autre chiffre encourageant, la dette par rapport au PIB. Celle-ci est passée de 42,9 % à 39,7 %, au Québec alors qu’elle a grimpé au Canada passant de 31,2 % à 42,4 %.

Le PIB par habitant a aussi grimpé de 31 % en l’espace de sept ans, passant de 52 384 $ à 68 565 $. Le salaire médian a aussi connu une belle hausse passant de 36 990 $ à 64 690 $ tandis que la croissance du revenu après impôt a connu une hausse de 23 %, selon les chiffres de Statistique Canada.

Sauf que, comme le souligne Gérald Fillion, le problème de ces chiffres est qu’il s’agit de moyennes. Les moyennes ne donnent aucune indication des réalités spécifiques de chacun. Et alors que l’inflation a frappé comme un coup de massue, peu de Québécois ont le sentiment que leur situation s’est améliorée vu la croissance du coût de la vie. Un point que le premier ministre a admis dans son discours de démission.

DES ÉCHECS RETENTISSANTS

En fait, la population québécoise a surtout retenu certains échecs retentissants du gouvernement de la CAQ. Ces échecs se déclinent toutefois sur plusieurs plans, allant de la gestion des finances publiques à celle de projets majeurs, en passant par la crédibilité de l’État.

Outre Northvolt et le scandale de la SAAQ, il est difficile de ne pas parler des déficits records. En effet, si le gouvernement de François Legault a réussi à faire croître l’économie du Québec, il l’a fait au prix « d’une détérioration importante des finances publiques », décrit Louis Lévesque, économiste et spécialiste des finances publiques dans un article de La Presse.

La gestion des finances publiques n’est pas un domaine où le gouvernement caquiste a particulièrement brillé. Pour rappel, alors que François Legault a hérité d’un surplus de 8 G$ lors de sa prise de pouvoir en 2018, le ministre Girard a annoncé un déficit record de 13,6 G$ en mars dernier.

Si la pandémie peut expliquer une partie de ce déficit, elle n’excuse pas tout. Les choix du gouvernement au sortir de la pandémie sont loin d’avoir permis de redresser la situation. Les baisses d’impôts, l’envoi de chèques à la population et la mise en place de projets coûteux ont compliqué la tâche du ministre des Finances, Eric Girard.

En quittant ses fonctions, François Legault laisse un Québec plus riche sur papier, mais plus fragile sur le plan budgétaire. Un héritage paradoxal qui pèsera lourd sur les décisions fiscales et économiques du prochain gouvernement. Hausse des impôts, compression des dépenses ou croissance accélérée : les options sont connues, mais toutes comportent des risques pour les finances publiques et pour l’économie québécoise.

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La rédaction