Des fonds de travailleurs québécois investissent encore dans Amazon

Par La rédaction | 3 March 2025 | Last updated on 3 March 2025
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Shutthiphong Chandaeng / iStock

Alors qu’une vague de contestation et qu’un mouvement de syndicalisation a pris forme à Laval suite à la fermeture des entrepôts et des centres de tri d’Amazon au Québec, Radio-Canada apprend que deux fonds de travailleurs détiennent des investissements dans Amazon. 

Marie-France Turcotte, professeure en responsabilité sociale et environnementale à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, souligne qu’encore il y a peu investir dans Amazon n’était pas mal vu. Cette vision n’est que très récente. Elle rappelle que de bouger rapidement des actifs peut créer des enjeux financiers.

Toutefois, l’indignation est loin d’être restée sans réponse.

Fondaction — un fonds créé à l’initiative de la CSN, mais dont les activités sont indépendantes de celles de la centrale, détient un peu plus de 22 millions de dollars d’actions, ce qui représente 0,57 % de ses actifs — ne semble pas fermée à réévaluer ses investissements.

Bien que Fondaction précise que les investissements en question sont effectués par un gestionnaire externe et qu’il ne s’agit donc pas « d’investissements directs de [leur] part dans cette entreprise, il assure être en discussions constantes avec ses gestionnaires externes.

« Nous travaillons également avec eux à renforcer l’engagement auprès des entreprises dans lesquelles l’argent est investi », ajoute le porte-parole de Fondaction en rappelant que le fonds a toutefois déjà pris la décision de ne plus effectuer de commande auprès d’Amazon pour une durée indéterminée.

En ce qui concerne le Fonds de solidarité FTQ, les actifs liés à Amazon représentent 0,001 % de ses actifs nets. Ces titres sont détenus dans le portefeuille « Autres investissements », soit des actifs qui ne sont pas liés à la mission que s’est fixée le fonds en matière de développement économique du Québec et d’appui, de maintien et de sauvegarde d’emplois, rappelle le porte-parole du fonds.

Ce dernier précise qu’après l’annonce d’Amazon, le Fonds a lancé une analyse de la présence du titre Amazon dans son portefeuille, tout en ajoutant que déjà le Fonds n’utilise plus les services d’Amazon.

LA CDPQ AUSSI IMPLIQUÉE

Si la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a aussi des investissements importants dans Amazon, qui compte de son côté pour 2,2 % de ses actifs, cette dernière ne compte pas changer sa position quant aux investissements dans Amazon.

Son président et chef de la direction, Charles Emond, souligne que se retirer ne ferait rien à Amazon, car les actions seraient rachetées en un instant. Selon lui, il faut savoir distinguer les décisions que l’on prend en tant qu’investisseur de celles qu’on prend en tant que consommateur.

« Comme investisseurs, je pense que c’est de rester pragmatiques, pour s’assurer que les Québécois ont une sécurité de revenu », affirme Charles Emond.

La décision de se départir de ses titres Amazon peut effectivement se poser alors qu’en un an, la valeur d’une action de l’entreprise est passée de 173 $ US à 212 $ US, soit une croissance de 22,5 %.

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La rédaction