Des occasions au-delà des géants technologiques américains en 2026

Par La rédaction | 15 December 2025 | Last updated on 12 December 2025
5 min read
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Après une année exceptionnelle pour les marchés boursiers dominés par les actions américaines, Placements Mackenzie invite les investisseurs à élargir leurs horizons géographiques et à rechercher la valeur au-delà des grandes capitalisations technologiques.

L’année 2025 aura été remarquablement profitable pour les investisseurs, avec des gains substantiels dans la plupart des catégories d’actifs. Mais pour 2026, la firme d’investissement recommande une approche plus nuancée, axée sur la diversification et la sélectivité, selon son rapport annuel Perspectives des marchés pour 2026.

Steve Locke, chef des placements pour les titres à revenu fixe et les stratégies multiactives, et Lesley Marks, cheffe des placements pour les actions, identifient trois points centraux :

  • les actions canadiennes offrent bien plus que l’exposition à l’or,
  • les banques centrales reprennent leur cycle de réduction des taux,
  • et l’impact des droits de douane sur l’inflation demeure contenu pour le moment.

DES VALORISATIONS TENDUES AUX ÉTATS-UNIS
L’indice S&P 500 affiche présentement un ratio cours-bénéfice prévisionnel de près de 21, nettement supérieur à sa moyenne de 15 sur vingt ans. Cette prime s’explique en partie par la performance exceptionnelle des « Sept Magnifiques » — ces géants technologiques qui représentent maintenant près du tiers de la capitalisation boursière de l’indice.

En comparaison, les marchés internationaux paraissent attrayants. L’indice MSCI EAEO se négocie à environ 13 fois le bénéfice prévisionnel, soit un escompte de 35 % par rapport au S&P 500. Les experts de Mackenzie voient des catalyseurs importants en Europe et en Asie qui pourraient réduire cet écart de valorisation.

L’EUROPE BÉNÉFICIE DE MESURES DE RELANCE
Les marchés boursiers européens devraient profiter d’une confluence de facteurs favorables en 2026, estime Seamus Kelly, gestionnaire de portefeuille pour l’équipe Europe de Mackenzie. La facilité pour la reprise et la résilience de l’Union européenne continue d’injecter 700 milliards d’euros dans la modernisation des infrastructures, les projets d’énergie renouvelable et l’expansion de la production de semi-conducteurs.

L’Allemagne, avec un ratio dette-PIB frôlant 62 %, conserve une marge budgétaire substantielle pour investir dans la défense et la transition énergétique. Les baisses de taux de 200 points de base effectuées par la Banque centrale européenne au cours de la dernière année contribuent également à la stabilité macroéconomique.

LE JAPON POURSUIT SA TRANSFORMATION
Les actions japonaises continuent d’attirer l’attention alors que le pays traverse une période de renouvellement économique. Nick Scott, gestionnaire de portefeuille pour l’équipe Asie, souligne que les réformes de gouvernance d’entreprise encouragées par la Bourse de Tokyo portent leurs fruits. Les rachats d’actions atteignent des niveaux records, libérant une valeur actionnariale restée insaisissable pendant plus de trois décennies.

L’indice Nikkei devrait terminer 2025 à son plus haut niveau depuis 1989, alors que les actions japonaises se négocient à seulement 15 fois les bénéfices, une valorisation raisonnable comparativement aux marchés américains.

CROISSANCE DES MARCHÉS ÉMERGENTS
L’indice MSCI Marchés émergents se négocie à seulement 12 fois le bénéfice prévisionnel, un escompte de 40 % par rapport au S&P 500. La Chine, malgré les préoccupations liées à l’endettement, progresse dans les domaines de la technologie, des énergies renouvelables et de la fabrication à valeur ajoutée. Les entreprises chinoises fournissent maintenant plus de 60 % de la production mondiale de batteries pour véhicules électriques.

L’Inde, avec une prévision de croissance de 6,5 % pour 2026, présente un profil attrayant malgré des valorisations plus élevées après la consolidation de 2025.

LES ACTIONS CANADIENNES SOUS-ÉVALUÉES
Shah Khan, gestionnaire de portefeuille pour l’équipe Mackenzie Bluewater, maintient que les banques canadiennes demeurent parmi les meilleures au monde. La croissance des bénéfices a été solide en 2025 et les conditions de crédit restent stables. Il cite Descartes Systems et la Banque TD comme exemples d’entreprises offrant un potentiel de croissance attrayant.

L’envolée du prix de l’or, en hausse de plus de 50 % en 2025, a particulièrement profité aux investisseurs canadiens, mais Shah Khan insiste sur le fait que le marché canadien offre bien plus que cette seule exposition.

PRUDENCE SUR LES TITRES À REVENU FIXE
Du côté obligataire, Konstantin Boehmer, gestionnaire de portefeuille pour l’équipe des placements à revenu fixe, s’attend à ce que la Banque du Canada réduise ses taux de façon plus déterminée que la Réserve fédérale américaine. L’économie canadienne plus faible et l’inflation relativement plus basse justifient cette divergence de politique monétaire.

Pour les obligations de sociétés, Mackenzie recommande de privilégier la qualité, favorisant les émetteurs notés BB plutôt que ceux notés B ou CCC. L’augmentation des défaillances parmi les titres de crédit plus faibles devrait se poursuivre en 2026.

L’IA ET LES INFRASTRUCTURES
Parmi les thèmes transversaux, Arup Datta, chef d’équipe pour les actions quantitatives mondiales, explique comment l’investissement quantitatif bénéficie des avancées en traitement du langage naturel et en apprentissage automatique. Ces technologies permettent maintenant d’analyser des données non structurées pour identifier des signaux de placement.

Sur le front des ressources, John Cook, Benoit Gervais et Gregory Payne de Mackenzie soulignent que la demande d’électricité croît de 2 % à 4 % annuellement. Cette dynamique crée des occasions dans les infrastructures de réseau, les composantes de transformation et le stockage d’énergie. Le cuivre demeure le métal essentiel pour l’électrification, tandis que les terres rares font face à des goulets d’étranglement dans la transformation.

MARCHÉS PRIVÉS EN PLEINE EXPANSION
Northleaf Capital Partners, partenaire de Mackenzie pour les marchés privés, note que les transactions secondaires en capital-investissement ont atteint un record de 160 milliards de dollars américains (G$ US) en 2024 et devraient dépasser 200 G$ US à la fin de 2025. Ces opérations permettent aux gestionnaires de générer de la liquidité sans vendre des placements prisés à des moments qui ne sont pas optimaux.

Le crédit privé continue d’offrir des taux attrayants et une protection structurelle, tandis que les infrastructures émergent comme un thème porteur à long terme, avec des besoins estimés à 100 000 G$ US d’ici 2040 pour entretenir et construire des infrastructures essentielles.

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La rédaction