Des primes inutilement attendues

Par La rédaction | 11 February 2025 | Last updated on 10 February 2025
2 min read
Négociation salariale, discussion sur les augmentations de salaire ou accord sur les salaires et les avantages sociaux, accord commercial ou concept de fusion et d’acquisition.
RedVector / iStock

Alors que de nombreux employés attendaient avec impatience le mois de janvier pour recevoir leur prime annuelle, un grand nombre d’employeurs ont choisi de ne pas en verser cette année, révèle un sondage de la firme de recrutement Robert Walters Canada relayé par Avantages.

Ainsi, deux cinquièmes des organisations qui versent normalement des primes à leurs employés ont décidé de s’abstenir cette année, selon le sondage. Parmi les raisons avancées, on retrouve :

  • les licenciements et les réductions d’effectifs (35 %) ;
  • la diminution des marges bénéficiaires (31 %) ;
  • l’incertitude économique et l’inflation (20 %) ;
  • et les changements dans les stratégies de rémunération (14 %).

« Les perspectives de primes de cette année reflètent les pressions économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises, deux professionnels sur cinq n’ayant pas reçu de primes de fin d’année, souligne Martin Fox, directeur général de Robert Walters Canada. C’est une réalité difficile pour les employés qui, dans de nombreux cas, restent optimistes quant à leurs performances et à leur valeur pour l’entreprise. »

Bien que les raisons expliquant cette décision soient compréhensibles, les employés risquent néanmoins d’être déçus, car 92 % d’entre eux estiment que les primes font partie des avantages les plus importants liés à leur emploi. Le sondage de Robert Walters révèle d’ailleurs que 63 % des professionnels envisageraient de quitter leur organisation dans l’année s’ils ne recevaient pas l’augmentation salariale, la prime ou la promotion espérées.

Martin Fox recommande donc aux employeurs d’être très clairs dans leurs communications. Si les objectifs des employés et de l’entreprise sont mal alignés, cela pourrait entraîner des problèmes de désengagement et de rétention. Les sociétés qui sont dans l’impossibilité d’offrir une prime à leurs employés pourraient envisager une autre forme de rémunération pour maintenir « le moral et la loyauté », suggère l’expert.

D’autant plus que l’argent est loin d’être la seule motivation des employés. En effet, selon le sondage, près de la moitié des répondants (47 %) seraient disposés à accepter un salaire plus bas si leur nouvelle organisation leur offrait plus d’objectifs à atteindre, de reconnaissance pour leur travail et de flexibilité.

« Les employeurs doivent reconnaître que le refus d’accorder des primes ou des promotions pourrait conduire à une érosion de la confiance et de l’engagement, ce qui, à son tour, pourrait alimenter une vague de démissions. Pour les entreprises, il n’est pas toujours possible d’offrir des récompenses financières, mais la création d’une culture de la transparence, de la motivation et de la flexibilité n’a jamais été aussi importante pour retenir les meilleurs talents », conclut Martin Fox.

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La rédaction