Des publications discriminatoires sur les réseaux sociaux lui coûtent sa certification

Par Michelle ­Schriver | 3 November 2025 | Last updated on 31 October 2025
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Balance de la justice avec une liasse de billets de 100 dollars américains, symbolisant le coût de la justice.
RapidEye / iStock

Un comité de discipline du Conseil des normes de FP Canada a statué qu’un ancien planificateur financier ne pourra plus demander sa recertification, ses publications sur LinkedIn ayant mis en cause son intégrité professionnelle.

En août, le comité de discipline du Conseil des normes a accepté une entente de règlement conjointe conclue avec l’ancien détenteur du titre de planificateur financier certifié (CFP), établi en Ontario. Dans cette entente, l’ex-professionnel a reconnu avoir publié sur LinkedIn, depuis au moins 2022, des commentaires jugés blessants, dénigrants, discriminatoires et/ou non professionnels, selon la décision et ses motifs. Les publications visaient notamment des militantes transgenres et féministes, précise le document.

L’affaire est « inédite sur le plan factuel », a souligné la décision.

« Il n’y a jamais eu de dossier examiné par le comité de discipline de FP Canada portant sur des publications sur les médias sociaux pouvant être perçues comme blessantes, dénigrantes ou discriminatoires. »

L’ancien détenteur du titre, qui a laissé expirer sa certification en mars 2025 après que FP Canada eut déposé des allégations contre lui en novembre 2024, s’identifiait toujours comme planificateur financier certifié sur LinkedIn.

« Chacune de ses publications comportait son nom et la marque CFP, indiquant clairement qu’il était certifié CFP, précise la décision. Jusqu’en juin 2025, les publications comprenaient également son titre Senior Financial Planner et étaient mêlées à d’autres, liées à la planification financière ou à l’industrie financière. »

En publiant ces messages et en les maintenant en ligne jusqu’en mars tout en affichant la marque CFP, l’ancien planificateur a manqué à son devoir de professionnalisme et s’est livré à une conduite portant atteinte à son intégrité, à la marque CFP et à la profession, conclut le comité.

Ce comportement contrevenait ainsi aux Normes de responsabilité professionnelle de FP Canada, notamment aux principes 8 (professionnalisme) et 2 (intégrité), ainsi qu’à la règle 2, qui interdit tout comportement nuisant à l’intégrité, y compris en dehors de la pratique professionnelle.

Le comité a ordonné que l’ancien planificateur ne puisse plus demander de recertification ni d’autre statut de certification auprès de FP Canada, ni se présenter comme un professionnel CFP. Il a également reçu une lettre de réprimande et doit verser 2 000 $ en frais à FP Canada.

L’ex-professionnel n’avait aucun antécédent disciplinaire et a collaboré à l’enquête, indique la décision. Un facteur ayant influé sur la sanction est qu’il a reconnu ne pas comprendre la portée de ses publications et, se fondant sur son droit à la liberté d’expression, a minimisé leurs effets et leur gravité.

Le Conseil des normes de FP Canada est responsable d’examiner et, au besoin, de transmettre au comité de discipline les plaintes déposées contre des professionnels. Selon le rapport annuel 2024, les comités traitent de plus en plus de dossiers liés à des comportements survenus en dehors du cadre professionnel.

Les lignes directrices de FP Canada précisent qu’un planificateur peut voir son intégrité remise en question en raison d’actes commis à l’extérieur de sa pratique, y compris ses publications sur les médias sociaux.

FP Canada ne surveille pas les comptes de médias sociaux de ses membres ; dans ce cas, l’organisme a été avisé des publications, mentionne la décision.

L’ancien planificateur a depuis modifié son titre pour « Senior Financial Consultant », note le document. Le titre de planificateur financier est protégé en Ontario, et des dérivés comme « senior financial planner », qu’il utilisait auparavant, sont interdits.

Enfin, l’ancien planificateur n’est plus inscrit auprès des autorités en valeurs mobilières depuis 2015, selon la base de données des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM).

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Michelle ­Schriver

Michelle Schriver est rédactrice en chef de Advisor.ca. Elle travaille avec l’a rédaction depuis 2015 et a été reconnue par les Prix du magazine canadien et la SABEW pour ses reportages. Envoyez-lui un e-mail à michelle@newcom.ca.