Des tarifs de 25 % : une menace à ne pas prendre à la légère

Par La rédaction | 28 November 2024 | Last updated on 27 November 2024
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Drapeaux canadiens et américains dans les montagnes
stockstudioX / iStock

Menace ou réalité ? Depuis le début de la semaine, Donald Trump parle d’imposer un tarif de 25 % sur les produits canadiens. Si la plupart des experts estiment qu’il s’agit principalement d’une tactique pour préparer la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en 2026, cela n’écarte pas la possibilité qu’il décide réellement d’imposer un quelconque tarif, et surtout, que vos clients cèdent à la panique.

Vendredi dernier, la nomination d’un financier de Wall Street comme secrétaire au Trésor laissait entendre que les tarifs douaniers seraient mis en place progressivement afin d’éviter un choc économique. Mais lundi, l’annonce faite par le président Trump sur l’imposition de tarifs de 25 % sur les importations en provenance du Canada et du Mexique a ravivé l’inquiétude.

Ce revirement a rappelé à quel point Donald Trump peut est imprévisible, comme le souligne Radio-Canada. Il devient donc évident qu’il ne faut pas sous-estimer cette menace.

Il est clair que de tels tarifs entraîneraient une augmentation des coûts pour les consommateurs américains, un élément que l’équipe de Trump a probablement pris en compte. Ce qui laisse penser que cette annonce serait juste une stratégie de négociation. Mais comment en être certain ?  

UNE SITUATION QUI RAPPELLE 2018…

Pour rappel, en 2018, lors de son premier mandat, Donald Trump avait effectivement instauré des tarifs de 25 % et 10 % sur l’acier et l’aluminium canadiens. En réponse, le Canada avait imposé ses propres mesures punitives, lesquelles ont été levées par la suite.

Peut-on s’attendre à une situation similaire ? Le cabinet du président élu semble croire que de tels tarifs seraient bénéfiques aux États-Unis. Ils croient que ces mesures pourraient stimuler l’économie nationale tout en punissant les pays qui s’opposent au programme « America First ». De plus, le président Trump n’a pas besoin de se soucier d’une potentielle réélection, puisqu’il ne peut pas briguer un troisième mandat.  

Francis Gingras Roy, conseiller principal en investissements chez Patrimoine Manuvie, à Dorval, au Québec, assure que cette menace devrait être prise très au sérieux, rapporte Advisor.ca. De tels tarifs pourraient frapper durement plusieurs secteurs de l’économie canadienne en plus d’affecter négativement notre dollar canadien.

Pour rappel, nos échanges commerciaux avec les États-Unis représentent 3,6 milliards de dollars par jour. De tels tarifs pourraient changer drastiquement ces chiffres. L’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada avertit que cela entraînerait la faillite pure et simple de l’industrie automobile.

SE PRÉPARER AU PIRE

Les milieux d’affaires demandent aux leaders canadiens d’adopter une position unie face à la future administration américaine. 

« Le Canada doit prendre la déclaration de Trump très au sérieux et présenter un front uni pour répondre à ce défi. L’incertitude entourant l’enjeu des tarifs douaniers exercera des pressions sur les PME canadiennes et pourrait changer leurs plans de croissance », souligne Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales, FCEI qui est d’avis que les gouvernements devraient « mettre l’accent sur la stabilisation de nos chaînes d’approvisionnement et sur la réduction du fardeau réglementaire et fiscal imposé aux PME canadiennes ».

ET PRÉPARER SES CLIENTS

Peu importe si ces menaces sont réelles ou non, les conseillers doivent prendre cette situation très au sérieux et communiquer avec leurs clients pour éviter toute panique. Il est essentiel d’adopter une approche pédagogique et de promouvoir les bonnes pratiques à long terme, sans se concentrer exclusivement sur les lieux communs sur la durée d’investissement par rapport au timing du marché.

« Soyez présent avec vos clients, soit par l’entremise d’un webinaire, en partageant une vidéo, ou un courriel, pour expliquer la situation et rappeler que vous ne pouvez pas prédire si cela va se produire ou non », recommande Francis Gingras Roy.

Il est également important de documenter toutes vos conversations, surtout si vos clients ne semblent pas prendre vos recommandations au sérieux.

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La rédaction