Devenir riche fait perdre le sommeil

Par La rédaction | 8 August 2025 | Last updated on 7 August 2025
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Jeune homme d’affaires prospère debout devant les fenêtres, regardant au loin de la ville. L’homme qui réussit se tient dans le néoboksreb. Un homme d’affaires se tient devant une fenêtre et la regarde.
Ruslan Sidorov / iStock

Plus on gagne d’argent, moins on dort. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus trois économistes chiliens dans une étude réalisée sur des travailleurs actifs dans 14 pays. Leur constat : à mesure que les revenus augmentent, le temps consacré au sommeil diminue.

L’étude menée par les chercheurs Rodrigo Wagner, Cristian Jara et Francisca Pérez,relayée par Le Figaro, montre queles travailleurs qui gagnent un salaire plus élevé dorment en moyenne une demi-heure de moins par jour que ceux qui gagnent un salaire inférieur. Par ailleurs, à l’échelle planétaire, les habitants des États les plus riches dorment globalement moins que ceux des pays moins prospères.

Les chercheurs ont notamment observé que les résidents du Danemark, pays qui figure parmi les plus riches du monde, avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 73 737 $ US, dorment en moyenne 6,87 heures par jour. Cela représente la durée la plus courte parmi tous les pays étudiés. Les 25 % d’adultes les plus riches de la population se contentent de 6,8 heures de sommeil par nuit, comparativement à 7,2 heures pour ceux qui gagnent un revenu plus modeste.

À l’autre extrémité du spectre, au Pérou, le pays le plus pauvre de l’échantillon étudié, avec un PIB par habitant de 17 000 $ US, les travailleurs dorment en moyenne 7,48 heures. Là encore, l’écart entre riches et pauvres persiste : les premiers dorment 7,2 heures, les seconds, 8,1 heures.

UN PARADOXE DE LA RICHESSE

L’étude met en lumière un paradoxe : à mesure qu’un individu ou une société s’enrichit, plus cela devient difficile de préserver des habitudes de sommeil saines. Plus le revenu augmente, plus le sommeil diminue.

Cette corrélation entre revenu et sommeil contredit l’idée reçue selon laquelle les personnes plus riches ont un mode de vie plus équilibré, indique l’étude. Celles-ci semblent au contraire prêtes à rogner sur leur sommeil, pourtant bénéfique pour la santé et le bien-être, tant physique que mental.

Les auteurs de l’étude avancent plusieurs explications à ce paradoxe. Les personnes à plus hauts revenus pourraient être tentées de remplacer le sommeil par d’autres activités, comme des sorties, du temps écrans, des obligations familiales ou professionnelles. Autre explication possible : les personnes à plus faibles revenus, ayant moins accès aux activités sociales ou de loisir, finissent par dormir davantage, faute d’autres options. Le sommeil devient alors non pas un choix de bien-être, mais la solution par défaut.

Le milliardaire américain Elon Musk est un exemple de cette dynamique. Dans une entrevue accordée au Wall Street Journal, le patron de Tesla et SpaceX racontait avoir dormi à même le sol de son bureau pendant les périodes intenses de production. Il admet y avoir enchaîné plusieurs semaines avec à peine quelques heures de sommeil par nuit, tout en déconseillant de suivre son exemple.

Dans une autre entrevue, accordée au New York Times, il a affirmé avoir travaillé jusqu’à 120 heures par semaine. Un rythme de vie qui va à l’encontre de toutes les recommandations de santé.

COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL DORMIR ?

Les directives canadiennes recommandent de dormir entre 7 et 9 heures par nuit pour les adultes de 18 à 64 ans. Au pays, en 2020, les adultes de 18 à 64 ans dormaient en moyenne 7,9 heures par nuit. Mais ce chiffre cache des disparités selon le revenu, suggèrent les données internationales de l’étude.

Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention rappellent que le manque de sommeil est associé à des problèmes graves telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les troubles mentaux et même l’augmentation du risque de mortalité.

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La rédaction