Accéder à la propriété sans aide : une mission (quasi) impossible

Par La rédaction | 23 July 2025 | Last updated on 22 July 2025
3 min read
Maison neuve en construction avec bois, fermes et fournitures sur fond de ciel bleu
Michael Flippo / AdobeStock

Sept nouveaux propriétaires sur dix affirment qu’ils n’auraient pas pu acheter leur logement sans assistance financière — don familial, prêt ou autre appui externe — pour constituer leur mise de fonds, révèle une étude nationale menée par Professionnels hypothécaires du Canada (PHC).

Alors que l’épargne personnelle reste la principale source de mise de fonds (60 %), la part provenant de dons familiaux ou de retraits du REER continue de croître. En moyenne, 15,5 % de la mise de fonds provient aujourd’hui de dons, une augmentation de plus de 3 points de pourcentage en un an.

Ce n’est plus « un filet de sécurité », c’est devenu un passage obligé pour nombre de ménages, souligne Lauren van den Berg, PDG de PHC. La pression est particulièrement forte chez les nouveaux acheteurs, qui s’appuient davantage que les autres sur ces soutiens pour entrer sur le marché.

Malgré ces défis, les indicateurs de confiance affichent une timide reprise. La proportion de Canadiens qui jugent le moment propice à l’achat atteint 44 %, en hausse de 15 points de pourcentage par rapport à 2023. Au Québec, 45 % des répondants estiment que l’économie s’améliorera au cours des 12 prochains mois.

L’espoir renaît chez certains locataires : 35 % disent qu’ils n’achèteront jamais, comparativement à 51 % en 2023.

INQUIÉTUDES CHEZ LES PROPRIÉTAIRES
Plus d’un répondant sur deux (58 %) prévoit une hausse de la valeur des maisons dans leur région, en particulier au Québec et en Alberta. Cette anticipation contribue à maintenir la demande, mais alimente aussi les craintes liées au coût du crédit.

Près de trois Canadiens sur quatre devront renouveler leur prêt hypothécaire d’ici trois ans. Si l’angoisse du renouvellement s’est légèrement atténuée — 20 % des emprunteurs se disent très inquiets en 2024, contre 23 % l’année précédente —, les incertitudes demeurent vives chez les titulaires de prêts à taux variable. Ceux-ci sont aussi plus enclins à effectuer des paiements accélérés pour réduire leur dette.

STRATÉGIES BUDGÉTAIRES
Dans un contexte de taux élevés et de budgets serrés, les stratégies d’adaptation se multiplient. Plus de 70 % des propriétaires interrogés ont déjà entamé ou prévoient des rénovations, principalement pour améliorer leur confort ou accroître la valeur de leur bien. Et parmi les acheteurs récents, près d’un sur deux accorde une grande importance à la capacité de générer des revenus locatifs.

Parmi les 13 % de propriétaires qui louent ou prévoient de louer une partie de leur résidence,la moitié le fait pour obtenir un revenu supplémentaire et un tiers pour alléger les coûts de logement.

PRÉVENIR LA FRAUDE HYPOTHÉCAIRE
L’étude met aussi en lumière une hausse significative des préoccupations liées à la fraude hypothécaire. Un tiers des Canadiens considèrent aujourd’hui ce risque comme élevé, et 85 % estiment qu’il justifie un resserrement des mesures de prévention.

Dans ce contexte, PHC plaide pour la mise en place d’un système de vérification des revenus sécurisé et validé par l’Agence du revenu du Canada (ARC). Selon l’association, cette mesure permettrait aux courtiers d’agir avec transparence et rigueur, tout en préservant la confidentialité des données personnelles.

« La fraude hypothécaire inquiète nos concitoyens, affirme Lauren van den Berg. Cette pratique malhonnête gonfle artificiellement le prix des maisons, pénalisant ainsi les Canadiennes et Canadiens intègres qui peinent à rivaliser sur le marché immobilier avec leurs revenus et leurs épargnes durement gagnés. »

DES CLIENTS SATISFAITS
Face à la complexité croissante du marché et aux exigences de conformité, les courtiers hypothécaires sont perçus favorablement par de nombreux acheteurs. Deux Canadiens sur trois envisagent désormais de recourir à leurs services pour leur prochain prêt, une tendance en constante progression depuis trois ans.

Parmi ceux ayant déjà utilisé un courtier, 81 % disent vouloir renouveler l’expérience, contre 58 % chez les clients bancaires. L’enquête révèle également que les courtiers surpassent les banques sur plusieurs indicateurs de satisfaction : conseils reçus, compréhension des besoins, transparence et personnalisation du service.

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La rédaction