Bourse canadienne : une performance solide, mais plus mesurée en 2026

Par La rédaction | 15 January 2026 | Last updated on 14 January 2026
3 min read
Illustration d’un homme en costume sur un bateau en papier, tenant une longue-vue et un drapeau du Canada. Fond bleu avec nuages stylisés.
rudall30 / IStock

Après une année 2025 exceptionnelle, le marché boursier canadien amorce 2026 avec des vents favorables bien en place, mais aussi avec des attentes plus prudentes. Portées par la vigueur des secteurs des matériaux et des services financiers, les actions canadiennes devraient continuer de progresser, même si le rythme des gains pourrait ralentir, selon une analyse de Morningstar.

En 2025, l’indice Morningstar Canada a progressé de 32 %, une performance remarquable qui a renforcé l’attrait du marché canadien, tout en réduisant une partie de l’écart de valorisation avec les États-Unis. Cette forte hausse amène toutefois les analystes à tempérer leurs attentes pour l’année à venir.

« Le marché canadien entre en 2026 avec des vents favorables importants et une structure plus équilibrée que celle des États-Unis », souligne Tiago Figueiredo, stratège macroéconomique chez Desjardins Marchés des capitaux.

UN AVANTAGE STRUCTUREL

Selon lui, la diversification sectorielle demeure un avantage clé dans un contexte où la performance américaine dépend fortement des mégacapitalisations technologiques.

Cette composition plus équilibrée distingue le Canada dans un environnement dominé par l’intelligence artificielle (IA). « Les actions canadiennes s’inscrivent davantage dans une logique de valeur », explique Ashish Dewan, stratège en investissement chez Vanguard Canada. L’IA devrait soutenir la productivité à long terme, mais ses effets se diffuseront de façon plus large dans l’économie canadienne, plutôt que de concentrer les rendements sur un petit nombre de titres.

DES PILIERS TOUJOURS SOLIDES

Sur le plan sectoriel, les piliers traditionnels continuent de jouer pleinement leur rôle. Les matériaux bénéficient de la demande soutenue pour l’or, le cuivre et d’autres métaux, dans un contexte d’incertitude géopolitique et de pressions inflationnistes persistantes. « Les investisseurs se tournent vers les matières premières pour se protéger contre les risques macroéconomiques », note Ashish Dewan.

Le secteur financier, pour sa part, profite d’un environnement de taux d’intérêt plus accommodant. La détente monétaire soutient la rentabilité bancaire, favorise la croissance des prêts et atténue les craintes liées au crédit. « Une courbe des taux plus favorable et des bénéfices solides ont soutenu les institutions financières », observe le stratège de Vanguard.

DES VENTS FAVORABLES, MAIS…

Les conditions macroéconomiques demeurent globalement favorables, même si l’incertitude persiste. La Banque du Canada devrait maintenir une posture prudente en 2026. « Un environnement de taux bas soutient généralement les valorisations boursières et réduit le risque de choc de crédit », explique Ben Jang, gestionnaire de portefeuille chez Nicola Wealth. L’exposition du Canada aux actifs réels, comme les matières premières et l’énergie, constitue également un facteur de soutien.

Kevin Minas, gestionnaire de portefeuille institutionnel chez Mawer Investment Management, met en avant l’effet potentiel des investissements en infrastructures et en ressources naturelles, encouragés par les orientations du budget fédéral de 2025. Selon lui, une amélioration graduelle de la qualité des bénéfices pourrait continuer de soutenir le marché.

La forte performance récente a toutefois modifié le portrait des valorisations. « Le marché canadien se négocie désormais au-dessus de sa moyenne historique, ce qui suggère que nous nous rapprochons de la juste valeur », reconnaît Kevin Minas. Cela n’exclut pas une poursuite de la hausse, mais rend les rendements futurs plus incertains.

Les principaux risques demeurent liés au commerce international et à l’évolution de la politique monétaire. La révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique constitue une source importante d’incertitude. « Une issue défavorable pourrait peser sur les entreprises canadiennes exposées au commerce transfrontalier », prévient Ashish Dewan.

Sadiq Adatia, directeur des investissements chez BMO, demeure également prudent quant à la vigueur de la consommation. « Les consommateurs ne semblent pas assez solides pour soutenir une croissance forte qui dépasserait celle des États-Unis », estime-t-il.

Dans ce contexte, les analystes privilégient une approche sélective, axée sur des entreprises dotées de bilans solides, d’un pouvoir de fixation des prix et d’une diversification suffisante pour traverser différents cycles de marché.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction