Comprendre les décisions de la Banque du Canada

Par La rédaction | 7 November 2024 | Last updated on 6 November 2024
3 min read
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Les décisions successives de la Banque du Canada quant à son taux d’intérêt sont scrutées de près par les investisseurs. Une étude rappelle sur quelles bases se prennent ces décisions.

La Banque du Canada modifiera-t-elle à nouveau ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année ? Sa décision permettra-t-elle de maîtriser l’inflation sans trop éreinter la croissance économique ? Ce genre de questions surgit régulièrement dans les manchettes. Pourtant, la Banque du Canada n’a pas toujours été entourée par de telles attentes.

C’est depuis 1991 que la Banque du Canada cible l’inflation, rappelle l’étude Bumps in the Road : Ever-Evolving Monetary Policy in Canada de l’Institut C.D.Howe. Et ses réponses aux variations du taux d’inflation ont constamment évolué depuis 30 ans.

Rappelons d’ailleurs que la Banque du Canada a comme seul objectif de maîtriser l’inflation, contrairement à la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a un double objectif de maîtriser l’inflation et de soutenir l’emploi. Toutefois, l’étude montre que la Banque du Canada tend à répondre de plus en plus aux enjeux d’emploi maximal et de croissance économique, tandis que sa réponse à la variation du taux d’inflation tend à faiblir.

Ce changement d’attitude s’est effectué une fois que l’inflation a été maîtrisée — incluant ses prévisions futures du niveau d’inflation —, et que la Banque du Canada pouvait soutenir l’économie sans affecter l’atteinte de son objectif de stabilité de l’inflation.

Au cours de la décennie de 2010 à 2020, l’inflation a été ainsi tenue sous contrôle. Mais avec la pandémie en 2020 et la flambée d’inflation qui a suivi, la Banque du Canada a adopté une politique monétaire plus restrictive, haussant son taux d’intérêt pour enrayer l’inflation. Cette politique a tempéré la croissance économique.

L’Institut C.D.Howe considère toutefois que le mouvement de hausse s’est effectué en retard, ce qui a été coûteux pour l’économie canadienne. « Si la Banque avait augmenté les taux d’intérêt plus tôt, nous n’aurions pas vu la demande excédentaire s’accumuler autant qu’elle l’a fait. Nous aurions très probablement évité que l’inflation ne monte et ne reste pas si longtemps à des niveaux jamais vus depuis le début des années 1980 », pointe l’étude, qui reconnaît cependant que la Banque du Canada a été la première banque centrale des pays industrialisés à resserrer sa politique monétaire.

Au début de l’année 2024, la Banque du Canada prévoyait que l’inflation moyenne attendue jusqu’à mi-2026 atteindrait environ 2,3 %, proche de son objectif de 2 %, tandis que la croissance économique continuerait de ralentir.

C’est en juin dernier que la Banque du Canada a entamé une réduction de son taux d’intérêt de 25 points de base, une première diminution suivie de plusieurs autres durant le deuxième semestre, en juillet, septembre et octobre. Ses prochaines décisions devraient continuer de se baser sur ses prévisions d’inflation pour les deux à trois prochaines années, de manière réactive et proportionnée aux écarts qu’elle pourrait constater, suggère l’étude.

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La rédaction