Guerre commerciale : les Canadiens redoutent la récession

Par La rédaction | 10 April 2025 | Last updated on 9 April 2025
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Un homme âgé en gros plan paie ses factures avec une carte de crédit.
Abdullah Durmaz / iStock

Alors que les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient, la confiance des consommateurs canadiens vacille. Inquiétudes croissantes face à la sécurité d’emploi, recul des attentes salariales et anticipations d’inflation en hausse : le climat économique incertain modifie les comportements financiers des ménages et impose une prudence accrue dans leurs décisions de consommation, révèle la dernière Enquête sur les attentes des consommateurs de la Banque du Canada.

Selon les données recueillies entre le 29 janvier et le 19 février, la proportion de Canadiens anticipant une récession au cours des douze prochains mois a bondi à 67 %, contre 47 % au trimestre précédent. Cette hausse de 20 points témoigne de l’ampleur des inquiétudes générées par l’escalade des mesures protectionnistes américaines.

La crainte de perdre son emploi a considérablement augmenté, particulièrement dans les secteurs fortement dépendants des échanges transfrontaliers. « À cause des droits de douane, on ne peut pas compter sur les États-Unis pour obtenir des matières premières. L’entreprise pour laquelle je travaille a dû faire une pause pour trouver d’autres sources d’approvisionnement », confie un travailleur du secteur de la construction interrogé dans le cadre de l’enquête.

INFLATION ET TAUX D’INTÉRÊT
Pour la première fois depuis 2022, les attentes d’inflation à court terme sont en hausse. Les consommateurs anticipent désormais que les droits de douane se traduiront directement par une augmentation du coût de la vie, mettant ainsi un terme à la tendance désinflationniste observée ces derniers trimestres.

Fait notable pour les marchés financiers, les consommateurs ne s’attendent plus à de nouvelles baisses de taux d’intérêt dans les 12 prochains mois, contrairement au trimestre précédent. La Banque du Canada pourrait ainsi se retrouver face à un dilemme de politique monétaire, confrontée simultanément à des pressions inflationnistes ravivées et à un ralentissement de l’activité économique.

PRUDENCE ACCRUE DANS LES DÉPENSES
Après plusieurs trimestres de regain des intentions de consommation, le vent tourne. L’étude note une remontée des intentions de restreindre les dépenses, particulièrement en ce qui a trait aux biens non essentiels.

La part des ménages prévoyant de rater un remboursement de dette demeure élevée, et les intentions d’achat immobilier s’effritent, notamment chez ceux qui prévoient une récession.

Par ailleurs, la diversification économique semble gagner l’adhésion de certains répondants, qui affirment privilégier les produits fabriqués au Canada. Près de la moitié déclarent réduire leurs achats de biens américains en réponse au conflit. Toutefois, cette volonté de « consommer local » se heurte aux contraintes budgétaires : tous ne peuvent se permettre d’absorber le surcoût des produits canadiens.

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La rédaction