Guerre tarifaire : des craintes plus modérées

Par Didier Bert | 31 July 2025 | Last updated on 30 July 2025
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Le pont Ambassador relie Détroit, dans le Michigan, à Windsor, dans l'Ontario. C'est l'une des routes commerciales les plus fréquentées d'Amérique du Nord. Cette photo a été prise depuis Windsor, Ontario, Canada, en regardant vers le nord-ouest en direction de Détroit.
steven kriemadis / iStock

Les entreprises redoutent toujours les incertitudes autour des tarifs douaniers américains. Cependant, elles envisagent des effets moins lourds que ce qu’elles craignaient en début d’année, selon une étude de la Banque du Canada.

Pour les entreprises, les risques autour des tarifs douaniers américains demeurent toujours une préoccupation majeure. Mais le scénario du pire ne semble plus à l’ordre du jour.

La confiance des entreprises canadiennes s’est améliorée par rapport au niveau de mars et avril 2025, qui était historiquement bas, indique l’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada pour le deuxième trimestre de 2025, menée en mai 2025.

Alors que les deux tiers des entreprises s’attendaient à une hausse des coûts liée aux droits de douane au trimestre précédent, seul un tiers a les mêmes craintes pour ce trimestre.

De la même manière, alors que les entreprises décrivaient le contexte économique comme imprévisible, désormais elles sont plus nombreuses à se dire capables d’établir des perspectives sur des bases plus solides.

Avec une confiance en amélioration et des perspectives plus solides, les entreprises demeurent prudentes. En effet, une proportion importante d’entre elles se préparent toujours à une récession au Canada. La faiblesse de la demande est généralisée, que ce soit parmi les consommateurs ou chez les clients commerciaux. Et le secteur du logement affiche désormais des perspectives défavorables.

Ces données restent toutefois à relativiser : les indicateurs des ventes futures sont à un niveau stable, voire en léger recul, mais ils sont nettement supérieurs à ceux observés lors des effondrements constatés lors de la crise financière de 2008-2009 et durant le confinement en 2020.

Les entreprises canadiennes s’adaptent à cette donne en faisant preuve de prudence. Elles tendent à reporter leurs nouveaux projets d’investissement et à être vigilantes dans la gestion de leurs finances. La priorité est ainsi donnée au remplacement ou à la réparation des équipements existants, plutôt qu’à l’augmentation de la production.

Les exportateurs sont dans une situation particulière, puisque leurs clients ont augmenté leurs achats en début d’année, afin de devancer l’imposition des droits de douane. Mais la demande a désormais ralenti puisque les clients ont accumulé des réserves.

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Didier Bert

Didier Bert est journaliste indépendant. Il collabore à plusieurs médias sur les thèmes de l’économie, des finances et du droit.