Le marché haussier a « au moins encore dix ans devant lui »

Par Noushin Ziafati | 3 December 2025 | Last updated on 2 December 2025
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Illustration d’un homme en costume sur un bateau en papier, tenant une longue-vue et un drapeau du Canada. Fond bleu avec nuages stylisés.
rudall30 / IStock

Brian Belski n’a aucune envie de parler de politique, de tarifs douaniers ou de cryptomonnaies lorsqu’il discute de stratégie de placement.

« La politique n’a rien à voir avec la performance absolue du marché boursier. Elle peut soit amplifier soit atténuer la tendance actuelle », a assuré Brian Belski lors d’une allocution prononcée le 20 novembre dernier à la conférence nationale de l’Association des gestionnaires de portefeuille du Canada (AGPC) à Toronto.

Le stratège en placements chevronné a récemment quitté BMO Marchés des capitaux pour lancer sa propre entreprise : Humilis Investment Strategies.

En ce qui concerne les tarifs douaniers, il a indiqué que la pleine portée de leur impact sur les marchés reste à voir.

Quant aux cryptomonnaies, il a lancé : « Qu’avons-nous appris sur la cryptomonnaie ? Actif corrélé. »

Plutôt que de s’éparpiller, Brian Belski préfère s’en tenir à sa discipline. Si les marchés reculent, a-t-il résumé, sa stratégie consiste à acheter davantage des placements qu’il affectionne. Pour l’heure, il maintient toutefois une perspective résolument haussière pour les marchés boursiers canadien et américain.

Le stratège, qui répète depuis longtemps que le marché boursier américain traverse un long marché haussier séculaire de 25 ans amorcé en 2009, et que le Canada en profite indirectement, affirme que cette période se poursuit.

« Il nous reste encore au moins dix ans », a soutenu Brian Belski devant les participants de l’AGPC.

« Je pense que le Canada affichera des rendements élevés à un chiffre l’année prochaine ; nous revenons vers la normalisation. Les États-Unis feront mieux de quelques points de base, mais pas énormément. Je pense que nous serons dans les bas deux chiffres aux États-Unis. »

Pour les États-Unis, les secteurs à surveiller l’an prochain sont la technologie, les services de communication, les soins de santé et certaines branches des services financiers, selon lui.

À propos du secteur technologique, Brian Belski a indiqué qu’il ne croit pas à l’existence d’une bulle liée à l’intelligence artificielle. Ses choix de titres dans ce domaine incluent Nvidia, Broadcom et Advanced Micro Devices.

Il a également cité Palantir Technologies comme un titre américain d’exception, affirmant que l’entreprise est « ce qu’Amazon était il y a dix ans ».

Selon Brian Belski, le Canada demeure « un marché extraordinaire pour la sélection de titres, un marché qui bénéficie de cette notion de rareté par rapport à la capacité ». Parmi ses actions canadiennes préférées, il a mentionné Dollarama, Alimentation Couche-Tard, Aritzia, Waste Connections et Shopify.

Les grandes banques canadiennes, qu’il a comparées à un cartel, profitent en ce moment des réserves excédentaires de 2023, mais leurs performances devraient diverger en 2026.
« Il faudra être beaucoup plus sélectif parmi les banques, et ne pas simplement détenir les cinq ou six grandes banques », a-t-il averti. La même logique s’appliquant, selon lui, aux sociétés d’assurance.

En fin de marché haussier, Brian Belski s’attend à l’émergence d’un nouveau marché émergent dominant. Pour l’instant, il observe plutôt des occasions au Japon et dans la région scandinave.

Brian Belski a également exposé ses perspectives sur les métaux précieux et le pétrole. Il a indiqué être « de plus en plus préoccupé par l’or, parce que tout le monde aime l’or », l’incitant à privilégier le cuivre et d’autres métaux. Il prévoit également une baisse des prix du pétrole.

Évoquant le risque de récession, il a déclaré : « Nous aurons une récession. Je suppose qu’il s’agira probablement d’une récession des dépenses en capital (CapEx). » Ce terme, utilisé par certains économistes, désigne un ralentissement des investissements des entreprises qui peut contribuer, voire mener, à un affaiblissement plus large de l’économie.

Enfin, Brian Belski a indiqué que sa firme Humilis publiera bientôt son premier rapport, lequel offrira une analyse détaillée de l’année à venir pour le Canada et les États-Unis.

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Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.