Le stress lié aux prêts à la consommation s’intensifie

Par James Langton | 20 October 2025 | Last updated on 17 October 2025
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Jeune femme asiatique effrayée touchant son visage, fond de mur jaune.
Prostock-Studio / iStock

La montée du chômage alimente une hausse des retards de paiement sur les prêts à la consommation, forçant les banques et autres prêteurs à accroître leurs provisions pour pertes sur prêts, selon un nouveau rapport de Morningstar DBRS.

L’agence de notation indique que les ménages subissent une pression financière croissante, alors que les conflits commerciaux ralentissent les perspectives de croissance économique et font grimper le taux de chômage, qui a atteint 7,1 % en août, notamment en Alberta et en Ontario.

« Les taux de délinquance ont augmenté pour tous les produits de crédit à la consommation, cartes de crédit, prêts automobiles et marges de crédit, dépassant désormais les niveaux d’avant la pandémie », souligne le rapport.

Les prêts garantis par un bien immobilier, comme les hypothèques et les marges de crédit hypothécaires (HELOC), résistent mieux, leurs taux de défaillance demeurant inférieurs aux niveaux prépandémiques.

Les ménages détenteurs d’une hypothèque présentent également de bien meilleurs taux de remboursement sur leurs autres prêts que ceux qui n’en ont pas.

En moyenne, les consommateurs sans hypothèque affichaient un taux de délinquance de 2,38 % au deuxième trimestre pour leurs prêts non hypothécaires, contre 0,53 % pour les détenteurs d’hypothèque.

Cette différence illustre la solidité financière supérieure des emprunteurs admissibles à un prêt hypothécaire, qui ont mieux absorbé la hausse des taux et de l’inflation. À l’inverse, les ménages sans hypothèque, souvent à revenus plus modestes et locataires, subissent davantage le coût de la vie élevé.

À l’avenir, les emprunteurs hypothécaires seront eux aussi confrontés à une pression croissante : environ 60 % des prêts hypothécaires arriveront à échéance d’ici la fin de 2026, et les détenteurs de taux fixes venant à renouvellement verront leurs paiements bondir.

« La plupart des ménages seront capables d’absorber la hausse, notamment grâce au test de résistance hypothécaire fédéral, mais certains ménages à faible revenu ou très endettés, particulièrement en Ontario et en Colombie-Britannique, risquent de ne pas y parvenir », précise DBRS.

Dans ce contexte, le marché du travail demeure le principal déterminant de la qualité du crédit des ménages et, par conséquent, des résultats financiers des prêteurs.

« Toute nouvelle hausse du chômage entraînerait une détérioration plus marquée des taux de défaillance et des pertes sur prêts, surtout pour les produits de crédit à la consommation non garantis », conclut l’agence.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.