L’économie canadienne à la croisée des chemins

Par Nicolas Ritoux | 25 March 2025 | Last updated on 24 March 2025
3 min read
Un homme face à deux chemins. Le premier menant vers un ciel orageux, l'autre vers un ciel découvert.
mikkelwilliam / iStock

De deux choses l’une : soit la guerre commerciale se confirme et le pays entre en récession, soit les pourparlers débouchent et la croissance sera au rendez-vous, explique Avery Shenfeld, directeur général et économiste en chef de Marchés des capitaux CIBC.

« L’économie se portait si bien à la fin 2024 que la Banque du Canada estimait avoir suffisamment baissé ses taux. Mais la situation s’est détériorée avec l’annonce de tarifs douaniers par l’administration Trump, et on peut désormais s’attendre à un recul du PIB au second trimestre », observe Avery Shenfeld.

La Banque du Canada a finalement opéré une baisse d’un quart de point, ce qui permettra de soutenir quelque peu la consommation pendant que les exportations sont affaiblies et que les entreprises suspendent leurs investissements. 

« Les tarifs douaniers américains ne sont pas encore entrés en vigueur et il reste une chance de voir les négociateurs canadiens obtenir des concessions de Washington. Si jamais les tarifs s’appliquent comme annoncé à 25 % sur l’ensemble des exportations et à 10 % sur l’énergie, l’économie entrera en récession. Mais si cette menace se dissipe, alors on peut espérer voir notre économie reprendre le tonus qu’elle avait en fin d’année, avec une croissance de l’emploi et de la consommation », dit Avery Shenfeld.

L’expert voit deux dénouements possibles, l’un très négatif et l’autre plutôt positif, selon l’issue des négociations. « Toutes les autres questions restent secondaires », conclut-il.

Il s’attend à voir un « rayon de soleil » apparaitre d’ici la fin de l’année, ce qui ferait de 2025 une année au ralenti, mais offrirait de belles perspectives pour 2026.  

« Si la guerre commerciale cesse, il y aura de la place pour une reprise substantielle des actions canadiennes. Mais si elle se prolonge, le marché s’affaiblira. »

Pour les investisseurs, il s’agit de préparer les portefeuilles à toute éventualité, en couvrant les risques de conflit prolongé. 

« Certains segments du TSX ne sont pas particulièrement cycliques ni sensibles aux exportations, et ils profitent d’un environnement de taux bas. C’est le cas des services d’utilité publique par exemple. Et bien sûr, il peut être utile de s’exposer aux marchés américains s’ils doivent s’en sortir mieux. Le marché obligataire peut aussi offrir un refuge puisque les taux baisseront en cas de difficultés et cela poussera les rendements à la hausse », recommande Avery Shenfeld.

Quant au taux de change du huard, l’économiste s’attend à ce qu’il s’affaiblisse face au billet vert, tout comme plusieurs autres devises exposées à des menaces de tarifs américains, mais là encore, tout dépendra de l’issue des négociations. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.