Les cadeaux du gouvernement pour stimuler la croissance

Par La rédaction | 4 December 2024 | Last updated on 3 December 2024
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Le dessin d'une main humaine qui retient un signe d’exclamation.
tommy / iStock

Les mesures de relance annoncées récemment par le gouvernement ne sont pas idéales, mais elles devraient stimuler la croissance économique au cours des deux prochains trimestres, estiment les économistes du Mouvement Desjardins.

Dans un nouveau rapport, la firme a examiné l’impact prévu du congé de la TPS et des remboursements en franchise d’impôt dévoilés par le gouvernement fédéral la semaine dernière, qui, selon elle, « seront bien accueillis par de nombreux ménages canadiens aux prises avec le coût élevé des biens, des services et des emprunts ».

L’impact de ces mesures sur l’ensemble de l’économie sera variable.

Pour commencer, le congé de la TPS, qui représente un allégement fiscal de 1,6 milliard de dollars, pourrait ajouter 0,3 point de pourcentage à la croissance du PIB au quatrième trimestre. Desjardins a fait remarquer que même si une grande partie de l’argent supplémentaire sera dépensée, les ménages à revenu élevé seront plus enclins à l’épargner.

Le rabais de 250 $ non imposable accordé à tous les travailleurs au deuxième trimestre de 2025, jusqu’à concurrence d’un revenu individuel net de 150 000 $, devrait également donner un coup de pouce.

« Étant donné que cette mesure est plus ciblée […], l’augmentation de la consommation devrait être plus importante, dollar pour dollar, car moins d’argent sera épargné, indique l’étude. À l’échelle nationale, cela pourrait se traduire par une augmentation d’un [point de pourcentage] de la croissance annualisée du PIB réel au deuxième trimestre 2025, mais par une diminution de 0,4 point au cours de chacun des deux trimestres suivants. »

En Ontario, le gouvernement provincial s’est également engagé à verser un rabais universel de 200 $ au premier trimestre de 2025, ce qui devrait ajouter 0,8 point à la croissance annualisée du PIB réel au premier trimestre, mais en soustraire 0,4 point au cours des deux trimestres suivants, « à mesure que le coup de pouce à court terme à la croissance s’estompe. »

« Dans l’ensemble, la croissance de la consommation réelle et du PIB pourrait être beaucoup plus élevée au dernier trimestre de 2024 et au premier semestre de 2025 que ce qui avait été prévu » dans les prévisions précédentes de Desjardins, selon le rapport.

Pour l’ensemble de l’année 2025, cela pourrait ajouter 0,2 point à la croissance annuelle du PIB réel, selon le rapport, bien que cela soutienne également l’inflation.

« Avec plus d’argent pour une quantité similaire de biens et de services, les entreprises seront en mesure de répercuter une partie de leurs coûts encore élevés sur les consommateurs. Cela compensera une partie de l’impact sur la croissance en faisant en sorte que les largesses fiscales prévues n’aillent pas aussi loin qu’elles ne l’auraient fait autrement. »

Toutefois, l’impact sur l’inflation ne devrait pas être suffisamment important pour modifier la trajectoire de la politique monétaire, selon le rapport.

« La banque centrale examinera probablement l’impact de ces mesures temporaires, bien qu’elles n’aident certainement pas à justifier une baisse plus rapide des taux d’intérêt. »

Dans le même temps, ces mesures pèseront sur les finances du gouvernement fédéral.

« Le bien-fondé économique de ces mesures est discutable », conclut le rapport.

« Alors que de nombreux Canadiens connaissent des difficultés financières, ces nouvelles mesures n’ont pas l’approche ciblée des initiatives précédentes… Une approche plus ciblée, orientant les fonds vers les Canadiens ayant une plus grande propension à dépenser, aurait généré un coup de pouce plus important, et aurait véritablement soutenu les ménages en difficulté », précise-t-il.

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La rédaction