Les coupes de la BdC sont-elles trop drastiques ?

| 19 December 2024 | Last updated on 18 December 2024
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Homme d'affaire qui semble réfléchir assis à une table. On voit plein de points d'interrogation flotter autour de lui.
pinstock / iStock

La décision de la Banque du Canada de réduire son taux d’intérêt directeur de 50 points de base supplémentaires montre qu’elle manque de perspective globale, étant trop concentrée sur les détails, selon James Orlando, directeur et économiste principal de Services économiques TD.

Parmi les données qui ont motivé cette décision figure l’annonce faite la semaine dernière par Statistique Canada selon laquelle le taux de chômage national a atteint 6,8 % en novembre, un niveau inégalé depuis la pandémie de grippe aviaire.

Dans une note aux investisseurs, James Orlando écrit que l’embauche s’est redressée.

« La hausse du taux de chômage ne tient pas compte du fait que l’embauche s’est accélérée au cours des derniers mois, tandis que la croissance sous-jacente a été robuste, les dépenses de consommation stimulant la demande fondamentale, estime James Orlando. Sans oublier que le marché de l’immobilier s’est à nouveau enflammé. »

Dans une entrevue, James Orlando soutient que le temps déterminera si cette dernière réduction était trop agressive ou non.

« Je ne pense pas qu’ils aient eu besoin d’aller jusqu’à 50, assure-t-il. Si l’on considère la croissance de l’emploi, qui s’élève en moyenne à 30 000 emplois par mois depuis le début de l’année et qui s’accélère en ce moment même, on constate que le taux de croissance de l’emploi est très élevé. Ce que nous appelons la demande intérieure finale — la demande réelle de produits au Canada, qui est une mesure de la performance économique sous-jacente — est supérieure à la tendance pour l’ensemble de l’année 2024. De plus, le marché de l’immobilier commence à s’accélérer après que la Banque a réduit ses taux de 50 points de base en octobre. »

Avec cette dernière réduction, la Banque du Canada atteint sa fourchette neutre de 2,25 % à 3,25 %. On considère que c’est le niveau à partir duquel le taux directeur n’affecte plus significativement la croissance économique, bien que James Orlando précise qu’il est impossible de le savoir avec certitude. Il s’agit de la cinquième baisse consécutive de la banque centrale.

« Ils étaient un peu pressés d’entrer dans ce qu’ils appellent la fourchette neutre », commente-t-il.

Dans sa note aux investisseurs, Douglas Porter, économiste en chef et directeur général de BMO Marchés des capitaux, affirme que cette dernière décision fait de la Banque du Canada « la banque la plus agressive du monde en matière de réduction des taux ».

« Aucune autre banque centrale du G10 n’a réduit ses taux de plus de 125 points de base, et la Réserve fédérale américaine n’a baissé ses taux que de 75 points de base jusqu’à présent », observe-t-il.

La Banque du Canada a réduit ses taux d’intérêt de 175 points de base au cours du cycle actuel, pour les ramener à 3,25 %.

Le gouverneur Tiff Macklem explique qu’à court terme, ils prévoient « une approche plus graduelle de la politique monétaire si l’économie évolue globalement comme prévu ».

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