Les effets des tarifs douaniers évoluent selon les provinces

Par James Langton | 29 October 2025 | Last updated on 29 October 2025
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Le drapeau du Canada et le drapeau des États-Unis
MicroStockHub / iStock

L’Ontario et le Québec étaient considérés au départ comme les provinces les plus vulnérables à la hausse des tarifs américains. Pourtant, jusqu’à présent, l’Ontario semble mieux résister que prévu, tandis que la Colombie-Britannique subit un impact plus marqué, selon un nouveau rapport de CIBC Marchés des capitaux.

Les économistes de la banque notent que, à mesure que les répercussions du changement de cap de la politique commerciale américaine se font sentir, les effets sur les économies provinciales deviennent de plus en plus clairs.

« Si les entreprises de l’Ontario et du Québec paient, comme prévu, le prix le plus élevé en matière de tarifs, l’impact sur la performance des exportations est jusqu’à présent plus limité dans la première province que dans la seconde », indique le rapport.

En Ontario, malgré le ralentissement anticipé dans les secteurs de l’automobile et de l’acier, les exportations sont légèrement en hausse sur un an, stimulées par le commerce avec des pays autres que les États-Unis, précise CIBC.

Une partie de cette croissance provient de la forte demande d’or et de la hausse des prix du métal jaune, mais d’autres secteurs de l’économie ontarienne ont aussi progressé, relève le rapport.

Cela dit, cette résilience des exportations ontariennes ne se traduira pas nécessairement par une croissance économique plus vigoureuse, prévient CIBC.

« D’autres facteurs entrent en jeu, notamment la faiblesse persistante du marché de l’habitation, qui devrait maintenir la croissance du PIB global à un niveau relativement modeste », soulignent les experts de l’institution.

À l’inverse, la forte hausse des droits antidumping sur le bois d’œuvre a eu des effets plus sévères que prévu sur la Colombie-Britannique.

« Il semble que l’économie britanno-colombienne sera plus négativement affectée par la politique commerciale américaine que ce que nous anticipions plus tôt cette année », écrit la CIBC.

Le Québec, pour sa part, serait la province la plus touchée en matière d’exportations et de PIB. Le rapport précise qu’elle demeure la plus exposée à de nouveaux tarifs sectoriels à venir, notamment sur les camions lourds.

Ailleurs au pays, les provinces de l’Atlantique et des Prairies « s’en sortent généralement mieux », selon CIBC. Les divergences de croissance entre régions s’expliquent autant par les tendances démographiques que par la politique commerciale.

Ainsi, l’économie albertaine dispose encore de marges de manœuvre pour accélérer en 2026 et 2027, grâce à une croissance démographique soutenue et une abondance de main-d’œuvre.

À l’inverse, le ralentissement marqué de la croissance de la population en Nouvelle-Écosse pourrait faire de cette province la première à connaître des contraintes liées au marché du travail, alors que l’économie canadienne dans son ensemble amorce une reprise au cours des prochaines années.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.