Les Québécois, champions de l’épargne

Par La rédaction | 18 July 2024 | Last updated on 17 July 2024
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Plusieurs mains levées applaudissant ou faisant un signe de pouce levé.
Tetiana Lazunova / iStock

Bonne nouvelle ! Le taux d’épargne des Québécois n’a cessé de progresser ces 15 dernières années, jusqu’à atteindre un pic en 2023. En fait, les Québécois sont ceux qui, parmi les habitants des dix provinces canadiennes, épargnent le plus, rapporte La Presse en se basant sur des données de Statistique Canada.

Les Québécois parviennent ainsi à mettre 10,1 % de leur revenu disponible de côté, soit le revenu après impôts, transferts et cotisations. C’est presque deux fois la moyenne canadienne qui est de 5,5 %. Ils occupent ainsi la première place du classement, avec une avance confortable sur les Albertains qui arrivent pourtant à épargner 9,2 % de leur revenu disponible.

Cette croissance a débuté pendant la pandémie, principalement grâce aux prestations gouvernementales. Cependant, en 2023, les effets de la pandémie ont largement disparu. Et fort est de constater qu’au premier trimestre de 2024, malgré le ralentissement économique, on peut encore voir une hausse du taux d’épargne des Québécois.

Ce phénomène est attribuable à plusieurs facteurs, notamment la diminution des impôts et la croissance plus rapide des revenus d’emploi au Québec par rapport au reste du Canada.

Matthieu Arseneau, chef économiste adjoint à la Banque Nationale, souligne également que les coûts de logement, qui ont augmenté moins rapidement qu’ailleurs au Canada, jouent également un rôle dans ce phénomène, tout comme le prix de l’énergie payé par les ménages pour leurs maisons.

UNE TENDANCE INVERSE DU CÔTÉ DU PATRIMOINE…

En revanche, le patrimoine des Québécois est nettement inférieur à celui des ménages des autres grandes provinces. Leur patrimoine relatif par rapport aux autres Canadiens a diminué pendant plusieurs années avant de montrer une légère amélioration au cours des trois à quatre dernières années.

En 2023, le patrimoine moyen, soit la valeur nette de tous les actifs des membres d’un ménage, des ménages québécois s’élève à 724 100 $, ce qui représente 74 % du patrimoine moyen canadien (981 800 $).

À la tête du classement, on trouve la Colombie-Britannique où le patrimoine moyen des ménages s’élève à 1 183 400 $.

Le patrimoine moyen au Québec a pourtant augmenté de 50 % au cours des dix dernières années, mais il a grossi moins vite que celui des autres Canadiens. Ainsi, en 2010, le patrimoine des ménages québécois représentait près de 80 % de celui des Ontariens. Cette proportion est tombée à 62 % en 2021, avant de remonter légèrement à environ 64 % en 2023.

Le boom du marché immobilier en Ontario et en Colombie-Britannique n’est pas étranger au recul relatif du patrimoine des Québécois.

En Ontario, par exemple, l’immobilier représente maintenant 50 % de la valeur nette des ménages, contre 44 % en 2013. Au Québec, la proportion n’a que peu évolué pendant cette décennie selon les données de Statistique Canada. Elle a ainsi stagné à 34 %.

Ce poids de l’immobilier se manifeste à la fois dans le patrimoine des ménages et dans leur niveau d’endettement. En effet, les habitants de la Colombie-Britannique présentent le plus haut niveau d’endettement au Canada.

En 2023, la dette des ménages en Colombie-Britannique représente en moyenne 216 % de leurs revenus disponibles, un niveau préoccupant mais stable depuis dix à quinze ans.

La même année, au Québec, le taux d’endettement des ménages est beaucoup plus bas, représentant 150 % des revenus disponibles, en baisse par rapport aux 165 % de 2016.

Toutes ces raisons expliquent quelque peu les écarts entre les provinces. Toutefois, de voir que les Québécois travaillent toujours plus pour leur épargne est une bonne nouvelle car ils ont visiblement du rattrapage à faire.

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La rédaction