Les travailleurs canadiens peinent à se nourrir

Par La rédaction | 7 June 2026 | Last updated on 7 June 2026
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Tirelierie cassée avec pansement ou pansement dans le concept de fond financier pour la récession économique, la dépression ou la faillite.
Khanchit Khirisutchalual / iStock

Le nombre de travailleurs canadiens qui peinent à se nourrir ne cesse d’augmenter, révèle l’enquête sur le coût de la faim pour les travailleurs au Canada de l’Institut national de la paie. 

Pour réussir à mettre de la nourriture sur la table, plusieurs employés disent devoir réduire certaines dépenses essentielles et s’endetter. Selon l’étude, un travailleur sur quatre au pays éprouve des difficultés à couvrir ses besoins de base, tandis qu’un sur dix vit une situation de précarité plus marquée.

Cette insécurité alimentaire engendre également un stress quotidien qui se répercute jusque dans le milieu de travail.

« Ces résultats sont profondément préoccupants et démontrent que la faim ne touche plus uniquement les personnes sans emploi ou vivant dans une situation d’extrême pauvreté, mais se fait de plus en plus sentir chez celles et ceux qui travaillent dur quotidiennement », affirme Peter Tzanetakis, président et chef de la direction de l’Institut national de la paie.

« Derrière ces chiffres se cachent des employés qui sautent des repas, passent leur journée de travail à s’inquiéter et qui s’endettent pour se nourrir et nourrir leurs familles. La faim compromet la santé et la stabilité financière, mais elle a aussi des répercussions discrètes et non moins importantes sur la dignité, la concentration et le bien-être général des individus », ajoute-t-il.

L’INFLATION N’EST PAS SANS CONSÉQUENCES

Cette situation n’est pas sans lien avec l’inflation. Le prix du panier d’épicerie devient difficile à gérer pour 53 % des employés canadiens. Plus inquiétant, 43 % considèrent le coût de l’épicerie comme un enjeu majeur nuisant à leur accessibilité alimentaire.

Pour faire face à la situation, 34 % des répondants s’endettent pour se nourrir. Cela va même plus loin puisque 33 % affirment que ces difficultés financières ont des effets sur leur santé, tandis que 22 % rapportent carrément des pertes de poids liées à l’insécurité alimentaire.

L’INSÉCURITÉ S’INVITE AU TRAVAIL

Cette situation préoccupe les employés même sur leur lieu de travail, affectant ainsi leur concentration, leur niveau d’énergie et leur productivité, selon 30 % des sondés. L’étude estime que les pertes de productivité liées à l’insécurité alimentaire coûteraient environ 65,2 milliards de dollars chaque année aux entreprises canadiennes.

Les employés dont les heures de travail ou les revenus sont instables demeurent évidemment les plus vulnérables. Ils seraient ainsi 29 % plus susceptibles de vivre une situation d’insécurité alimentaire que les travailleurs bénéficiant d’un revenu plus stable.

Les employés à temps partiel affichent également des taux d’insécurité alimentaire nettement plus élevés, à 34 %, comparativement à 22 % chez les travailleurs à temps plein.

Alors qu’un grand nombre de Canadiens continuent de vivre d’une paie à l’autre, l’Institut national de la paie rappelle que le versement exact et ponctuel du salaire demeure essentiel pour permettre aux travailleurs de planifier leur budget et de gérer leurs dépenses.

L’organisme recommande également aux employés de se constituer une épargne afin de mieux faire face aux répercussions des turbulences financières. Pour y parvenir, il suggère de mettre en place des versements automatiques à chaque paie, directement transférés dans un compte d’épargne.

« Les employeurs ne peuvent pas régler à eux seuls les enjeux liés au coût de la vie, mais les milieux de travail peuvent jouer un rôle important pour soutenir la stabilité financière des employés en les aidant à mieux comprendre les options qui s’offrent à eux, souligne Peter Tzanetakis. Une paie prévisible et exacte, combinée à des pratiques professionnelles en matière de paie, peut contribuer à réduire l’incertitude chez les travailleurs qui font face à des pressions persistantes liées aux coûts et favoriser l’adoption de saines habitudes financières. »

Ce sondage a été mené auprès de 1 419 employés au Canada entre le 19 mars et le 2 avril 2026.

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La rédaction