L’Ontario et le Québec frappés de plein fouet par les tarifs

Par James Langton | 24 September 2025 | Last updated on 23 September 2025
3 min read
Deux contenants se heurtent, un avec les couleurs du drapeau du Canada et l'autre avec les couleurs du drapeau des États-Unis.
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L’économie canadienne subira les contrecoups de la hausse des tarifs douaniers américains, et l’Ontario ainsi que le Québec seront les provinces les plus affectées, selon une nouvelle analyse du Service des études économiques de la Banque Scotia.

Dans leur rapport, les économistes de la Banque Scotia prévoient que l’imposition de ces tarifs fera reculer le produit intérieur brut (PIB) national de 1,1 % d’ici la fin de 2026. Cela représenterait une baisse moyenne de 0,4 % cette année, puis de 1 % en 2026 et 2027, par rapport à un scénario sans tarifs.

En parallèle, leurs modèles projettent une baisse de 0,8 % de l’emploi au Canada d’ici le milieu de 2026 en raison des tarifs. Cette baisse serait de 0,3 % en 2025 et de 0,7 % en 2026.

« Les tarifs réduisent le PIB potentiel, car ils perturbent l’allocation optimale des ressources, augmentent le coût des intrants importés pour la production et provoquent des goulots d’étranglement ainsi que des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement », indique le rapport.

« Cela engendre également des pressions inflationnistes, qui peuvent être amplifiées par des mesures de rétorsion. »

Les tarifs entraînent aussi une baisse de la demande globale, liée à l’incertitude accrue entourant les politiques commerciales, ainsi qu’à une réduction des exportations nettes, précisent les auteurs.

La croissance affaiblie et l’inflation alimentée par les tarifs frappent aussi l’économie américaine, ce qui réduit la demande d’exportations canadiennes. « Combiné aux effets négatifs de l’incertitude sur notre propre économie, cela ralentit la croissance au Canada », note le rapport.

Les impacts varient toutefois selon les provinces, en fonction de leur exposition sectorielle aux tarifs américains et de leur dépendance aux exportations vers les États-Unis.

Par exemple, les provinces les plus exposées aux secteurs visés par les tarifs, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, subissent les hausses tarifaires les plus marquées. « Le Québec et l’Ontario sont les plus touchés à ce chapitre, compte tenu de l’importance de leurs secteurs de l’acier et de l’aluminium », indique la Banque Scotia.

À l’inverse, les provinces qui exportent principalement des produits énergétiques vers les États-Unis sont moins affectées, car ces produits sont souvent exemptés dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ou soumis à des droits moins élevés.

Cela dit, les provinces qui dépendent fortement des exportations vers les États-Unis, comme l’Alberta et le Nouveau-Brunswick, sont aussi plus vulnérables que celles dont les exportations transfrontalières sont moindres, comme la Colombie-Britannique ou la Nouvelle-Écosse.

En conclusion, le rapport indique que l’Ontario et le Québec subiront les pertes économiques les plus importantes, avec une baisse du PIB de 1,4 % d’ici la fin de 2026 par rapport à un scénario sans tarifs.

« L’emploi dans ces provinces sera aussi environ 1 % plus bas d’ici la mi-2026, avec une moyenne de 0,9 % de baisse sur l’ensemble de l’année 2026 », précise le document.

Après l’Ontario et le Québec, les provinces les plus touchées seraient le Nouveau-Brunswick (PIB en baisse de 1 %) et l’Alberta (0,9 %), selon les projections de la Banque Scotia.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.