Marchés américains : les investisseurs s’attendent à une croissance en 2026…

Par La rédaction | 23 February 2026 | Last updated on 23 February 2026
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GeorgePeters / iStock

De façon quasi unanime, 98 % des investisseurs institutionnels et gestionnaires de marchés privés nord-américains s’attendent à une correction boursière aux États-Unis cette année. Pourtant, ils ne désertent pas les marchés. C’est l’un des paradoxes que révèle une étude publiée par Ocorian, un prestataire de services aux entreprises.

Le tableau qui se dessine est celui d’un marché à la fois confiant et sur ses gardes.

La confiance dans la trajectoire de l’économie américaine tient bon : près de la moitié des répondants (49 %) adhèrent aux prévisions de la Maison-Blanche, qui tablait en début d’année sur une croissance du PIB comprise entre 3 % et 4 %, une cible supérieure aux projections des économistes. Un optimisme qui reste toutefois « modéré » selon Ocorian.

INFLATION : LA PRINCIPALE INQUIÉTUDE

Sur le plan macroéconomique, l’inflation s’impose comme la principale source d’anxiété. Tous les répondants disent en être inquiets, 44 % se déclarent même « très préoccupés ». Près de la moitié (48 %) prévoient que la hausse des prix s’accélère en 2026, et 15 % supplémentaires anticipent une stagnation de l’indice.

Dans ce contexte, l’idée d’un retour rapide à la cible de 2 % de la Réserve fédérale américaine paraît hors de portée : seuls 18 % des répondants estiment que cet objectif sera atteint cette année, la majorité repoussant cette perspective à 2027 ou après.

Du côté de la politique monétaire, les attentes sont sans équivoque : 97 % des sondés s’attendent à plus d’une baisse du taux directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2026, et plus de la moitié (53 %) anticipent au moins trois réductions.

Mais cette perspective s’accompagne d’une inquiétude : 92 % des répondants estiment que la nomination d’un nouveau président de la Fed par l’administration Trump accentuera les pressions politiques sur la banque centrale. Pour beaucoup, la politique monétaire sera orientée vers le soutien de la croissance, même si l’inflation demeure au-dessus de la cible.

LA RÉCESSION, SCÉNARIO À PRÉVOIR

La menace d’une récession plane sans pour autant paralyser les décisions. Près de six répondants sur dix (57 %) évaluent à 40 % ou plus la probabilité qu’une récession frappe les États-Unis en 2026, une proportion bien au-delà des estimations historiques de base.

Néanmoins, les investisseurs semblent traiter ce risque non comme un scénario inévitable, mais comme une éventualité à intégrer dans leur planification. Le scénario de base : les capitaux continuent d’être déployés là où les rendements ajustés au risque restent attractifs.

Le marché du travail suit une logique similaire. Les deux tiers des répondants (63 %) prévoient que le chômage dépassera les estimations consensuelles actuelles en 2026. Mais là encore, ce relèvement est perçu comme l’une des composantes d’un « rééquilibrage » de l’économie, plutôt que comme le signe annonciateur d’une récession.

DEUX LOGIQUES DIVERGENTES

L’étude révèle également une distinction dans les comportements selon le profil des investisseurs. Les gestionnaires de fonds se concentrent en priorité sur l’exécution des mandats, le déploiement du capital et l’identification de fenêtres de sortie, alors que la pression pour mettre les fonds à profit s’intensifie. Les propriétaires d’actifs, eux, privilégient davantage la gouvernance, la gestion de la liquidité et la protection contre les baisses. Cette divergence de priorités façonne les stratégies dans l’ensemble des marchés privés, capital-investissement, crédit privé, sans pour autant remettre en cause l’attrait fondamental de cette classe d’actifs.

« Les investisseurs ne se retirent pas, mais ils font preuve de plus de discipline. Les prévisions de croissance continue s’accompagnent d’une évaluation lucide des risques, des valorisations et de l’incertitude politique. Il s’agit d’un marché qui s’adapte, et non qui recule », souligne Vincent Calcagno, responsable de la croissance américaine chez Ocorian.

« Ce qui ressort, c’est que les capitaux restent engagés sur les marchés privés, que les transactions et les sorties devraient s’améliorer, et que les investisseurs se préparent activement à la volatilité plutôt que d’en être paralysés. Les perspectives pour 2026 ne sont ni optimistes ni pessimistes : elles sont conditionnelles, sélectives et, en fin de compte, constructives », ajoute-t-il.

L’enquête a été réalisée en décembre 2025 auprès de 248 professionnels de l’investissement, gestionnaires de fonds de capital-investissement, gestionnaires de fonds spéculatifs, fonds de pension, gestionnaires de patrimoine, gestionnaires d’actifs en assurance et family offices, établis aux États-Unis et au Canada. Ensemble, ces répondants supervisent des actifs totalisant 17 770 milliards de dollars américains.

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La rédaction