Résilience économique : le modèle canadien séduit les marchés

Par La rédaction | 1 May 2025 | Last updated on 30 April 2025
3 min read
Train de marchandises circulant le long de la rivière Bow dans les Rocheuses canadiennes, Alberta, Canada.
4FR / iStock

Dans un contexte où les marchés financiers mondiaux sont soumis à de fortes turbulences, l’économie canadienne parvient à se distinguer par sa résilience, sa diversité structurelle et sa capacité à attirer des talents.

C’est le constat dressé par Charles Nadim, gestionnaire de portefeuille chez Jarislowsky Fraser, partenaire de Banque Nationale Investissements (BNI), dans une récente analyse mettant en lumière les forces distinctives du marché canadien.

UNE ÉCONOMIE RÉSILIENTE FACE AUX GÉANTS
Si les actions canadiennes ont semblé sous-performer par rapport au marché américain durant la dernière décennie, cette perception mérite d’être nuancée, selon l’auteur. La performance du S&P 500 repose désormais sur une base étroite, avec plus de 35 % de sa capitalisation boursière concentrée dans seulement dix entreprises — principalement les « 7 magnifiques » — contre moins de 20 % il y a une décennie.

Pendant ce temps, l’économie réelle du Canada affiche une santé enviable. Depuis 2010, sa croissance du PIB surpasse celle de tous les pays du G7 à l’exception des États-Unis, témoignant d’une vitalité économique qui transcende les performances purement boursières.

L’IMMIGRATION QUALIFIÉE : UN MOTEUR DE CROISSANCE
L’un des principaux vecteurs de dynamisme de l’économie canadienne est l’immigration qualifiée. Grâce à une politique d’ouverture soutenue et à un filet social attractif — soins de santé universels, régimes de retraite publics, assurance-emploi — le Canada réussit à attirer une main-d’œuvre hautement instruite. Le pays détient la plus forte proportion (73 %) de résidents nés à l’étranger ayant suivi des études postsecondaires, selon les données de 2023.

Cette réalité alimente l’innovation dans des secteurs clés, notamment les technologies de l’information, les services d’ingénierie et l’industrie manufacturière, où les entreprises canadiennes gagnent en compétitivité à l’échelle mondiale.

DE SOLIDES FONDAMENTAUX ÉCONOMIQUES
La stabilité financière du Canada représente un autre avantage compétitif majeur. Avec la dette nette la plus faible du G7, le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre considérable pour soutenir l’innovation, renforcer les filets sociaux et intervenir de manière anticyclique en période de ralentissement.

Cette solidité se reflète particulièrement dans le secteur industriel, où des entreprises comme WSP Global, Stantec et AtkinsRéalis enregistrent une croissance, des marges et des carnets de commandes bien remplis. Ces sociétés d’ingénierie canadiennes consolident progressivement leur industrie à l’échelle mondiale, portées par des mégatendances structurelles comme l’adaptation climatique, l’électrification et le renouvellement des infrastructures. À titre d’exemple, WSP Global, devenue la plus grande entreprise mondiale de services d’ingénierie en matière de capitalisation boursière, a multiplié ses effectifs qui sont passés de 5 000 à 72 500 employés en 13 ans.

L’ESSOR DE CHAMPIONS TECHNOLOGIQUES
Le secteur technologique canadien illustre parfaitement cette transformation de l’économie. Des entreprises comme Shopify, Constellation Software, CGI ou OpenText ont progressivement fait évoluer le secteur vers un modèle de revenus récurrents basés sur les logiciels et services, abandonnant l’approche cyclique centrée sur le matériel.

Cette transition s’est accompagnée d’un afflux massif de talents, Toronto ayant attiré plus de professionnels de la technologie que toute autre ville nord-américaine entre 2018 et 2023. Cette dynamique explique en grande partie la surperformance de l’indice des logiciels et services du TSX par rapport aux indices S&P/TSX et S&P 500 au cours des deux dernières décennies, selon Charles Nadim.

IMPACT TARIFAIRE CONTENU
Même les récentes tensions commerciales semblent avoir un impact modéré sur l’économie canadienne. Lors de la dernière annonce tarifaire américaine dite du « Jour de la libération » par l’administration Trump, le Canada s’en est tiré relativement bien comparé à d’autres partenaires commerciaux majeurs, avec des droits de douane supplémentaires inférieurs à ceux imposés à la Chine et l’Europe.

L’impact potentiel de ces mesures pourrait être partiellement compensé par l’affaiblissement du dollar canadien, des réductions de taux d’intérêt, des mesures budgétaires de soutien et une diversification des partenaires commerciaux.

PERSPECTIVES
Pour les investisseurs en quête d’occasions dans un environnement économique mondial incertain, le marché canadien offre ainsi une combinaison rare de résilience et de potentiel de croissance, soutenue par des fondamentaux solides et une capacité démontrée à prospérer malgré les turbulences, conclut l’auteur.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction